Beidas au téléphone (...)
Le « banquier supersonique » n'est plus. Rongé par un cancer généralisé – il ne pesait plus que 53 kilos –, Youssef Beidas s'est éteint hier matin, à Lucerne, à l'âge de 56 ans. Autour de lui se trouvaient son épouse, deux de ses enfants, son frère Henri Beidas, son beau-frère Joseph Salamé, Mounir Abou-Fadel, oncle de Mme Beidas, et un parent par alliance, M. Nassar (...)
Pour l'AFP, Reuters et la postérité, Beidas était cet individu « recherché par Interpol », à la demande du gouvernement de Beyrouth, à la suite du krach de la Intra Bank, et arrêté à Lucerne en novembre 1967, dans des circonstances fortuites. Il avait laissé sa voiture, tous phares allumés, devant la poste de cette ville, ce qui avait attiré l'attention de la police (...) Incarcéré à Lucerne et remis en liberté provisoire en juin dernier pour raison de santé (...) Recherché à travers le monde entier à la suite de la banqueroute la plus spectaculaire de l'après-guerre (...)
Beidas, durant les derniers mois de son existence, a rédigé des Mémoires (à publier ultérieurement), concernant notamment la naissance, l'extension et l'écroulement de son empire, cette Intra à laquelle son nom restera à jamais lié (...)
Pour beaucoup, Beidas aura été un aventurier fascinant et néfaste. Pour d'autres, toutefois, tel Gaby Saad, qui a collaboré avec lui durant 19 ans, « il a été le pionnier de l'essor libanais dans le monde (...) »
Youssef Beidas est mort, et le temps de Beidas est passé...
Amine ABOU-KHALED

