Économie

Dis-moi combien tu gagnes...

Éconerfs
Rana ANDRAOS | OLJ
27/11/2014

10 minutes à tout casser. C'est ce qu'il aura fallu à 95 de nos élus pour violer une nouvelle fois la Constitution. 10 minutes pour 95 « oui », 2 « non » et quelques absences démagogues et si peu brillantes. 10 minutes pour euthanasier une démocratie qui, soit dit en passant, n'en finissait plus de rendre l'âme depuis belle lurette. 10 minutes pour proroger, une nouvelle fois, leur mandat de 31 mois cette fois-ci. 10 minutes pour signer sur la modique somme de 30 millions de dollars ou plus exactement 29 363 200 dollars de salaires (moyennant 7 400 dollars de rétribution mensuelle par député) sans mentionner les privilèges annexes, trop longs et surtout trop indécents. Mais ce n'est pas le pire...


De 2009 à 2013, la productivité des 128 frise la mauvaise blague. Réunis 21 fois seulement en séance plénière en quatre ans dont 13 pour le vote de lois selon la revue parlementaire al-Hayat al-Niyabiya... Le chiffre se passe de commentaires et le bilan sent au mieux le roussi, au pire une morgue désaffectée.
10 minutes pour tirer à bout portant sur une nation devenue fantôme à force de droits bafoués, devant quelques rares membres de la société civile venus crier au scandale. C'est qu'ils étaient attendrissants les 50 excités du devoir civil, venus défendre une démocratie suicidée. Mais ce n'est pas tout...


S'il a fallu si peu de temps aux autoprorogés pour s'entendre sur une décision pourtant lourde de conséquences, quid de ces 15 séances parlementaires stériles, censées aboutir à l'élection d'un président de la République ? Pourquoi ne sont-ils pas arrivés, trois ans plus tard, à s'entendre sur les moyens de financer la grille des salaires ? Qu'en est-il de la loi électorale pourtant on ne peut plus essentielle ? Qu'est-il advenu du texte si ambigu contre les violences faites aux femmes, et pourquoi ne sont-ils pas parvenus à assurer au citoyen lambda un courant électrique continu et une eau courante sans excréments ?


30 millions de dollars et des broutilles... Les Libanais sont éplorés devant la perte de la diva de la chanson Sabah. Ils se consolent comme ils peuvent via les nombreux hommages rendus sur la Toile. Elle aura pourtant résisté, elle, aux multiples vagues de la sinistrose ambiante. On ne peut pas en dire autant de la Constitution ni de la décence de nos autoreprésentés.
Tant pis.

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

JE TE DIRAI QUI TU ES ! DES RÉMUNÉRATIONS BILL HAWA ! CES PÔVRES BABAS... AUX CULOTTES MÊMES AVEC DES POCHES IMMENSES... BIDDONE LAMMÉ !

Olivier Georges

Il faudrait prévoir un règlement intérieur pour le Parlement libanais dans lequel on prévoit des sanctions administratives et pécuniaires pour les absences non justifiées. Possible? Dans un rêve lointain, quelque part dans la diaspora peut-être...

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