La lutte contre le chômage de masse doit constituer une priorité pour la Grèce qui, sans mesures ciblées, risque d'affronter une « crise sociale prolongée » et de ne retrouver qu'en 2038 son niveau d'emploi d'avant la récession, a averti hier un rapport de l'Organisation internationale du travail (OIT).
« Après six ans de récession, l'économie grecque montre des signes de redressement, mais un retour au niveau d'emploi d'avant la crise pourrait prendre de nombreuses années à moins que des mesures supplémentaires soient prises », écrit l'OIT dans son rapport de plus de 200 pages intitulé « Des emplois productifs pour la Grèce ».
L'exposition à la pauvreté, qui se situait juste au-dessus des 20 % avant 2008, touche maintenant 44 % de la population, rappelle le document.
L'OIT préconise une stratégie mêlant « mesures d'urgence et réformes structurelles » parmi lesquelles : créations d'emplois et de formations aidés pour les jeunes, encouragement de l'économie sociale et solidaire, lutte contre le travail au noir, mise en place de crédits recherche et développement, compléter les outils de financement des entreprises, renforcer les liens entre entreprises et instituts de recherche.
Le taux de chômage en Grèce, l'un des plus hauts d'Europe, reflue lentement depuis son record de septembre 2013 à 28 %. Il s'établissait en août à 25,9 %.
La Grèce devrait tourner en 2014 la page de six ans de récession et voir son PIB croître de 2,9 % en 2015, selon les prévisions officielles.
Économie - Grèce
La crise toujours aussi aiguë sur le front de l’emploi
OLJ / le 25 novembre 2014 à 00h00

