Nabih Berry recevant, hier, des députés, comme d'habitude, dans le cadre de ses audiences du mercredi (photo Ani).
Les deux blocs parlementaires de Walid Joumblatt et Nabih Berry s'efforcent de relancer la dynamique de dialogue, comme en témoignent les propos tenus hier par des représentants des deux groupes.
Devant les députés qu'il a reçus hier comme chaque mercredi à Aïn el-Tiné, le président de la Chambre, Nabih Berry, a fait état d'indices positifs au niveau du dossier de la présidentielle, affirmant se fonder pour cela sur « des données tangibles, à travers les rencontres (qu'il a) effectués et (qu'il) continue d'effectuer ». Cité par ses visiteurs, M. Berry a assuré qu'il poursuit ses démarches pour un dialogue entre le Hezbollah et le courant du Futur « qui ne peut qu'avoir des retombées positives sur la scène locale ». Selon lui, trois paramètres sont fondamentaux pour la protection du Liban : « L'unité nationale que nous devons préserver et renforcer, l'armée libanaise dont le rôle est principal pour maintenir la stabilité et la paix civile et la Résistance, grâce à ses réalisations au niveau national. »
Lui faisant écho, le ministre de la Santé, Waël Bou Faour, devait mettre l'accent plus tard, sur « l'effort exceptionnel mené par le président de la Chambre, pour rétablir le dialogue rompu entre les Libanais, en coordination avec le chef du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt ». Le ministre s'était rendu auprès de M. Berry, en tant qu'envoyé de Walid Joumblatt, pour un tour d'horizon des contacts effectués. Il a fait état d'une « conviction commune, selon laquelle la situation actuelle ne peut plus durer ».
« Cette absence de communication et de dialogue alors que les dangers nous entourent n'est plus viable », a martelé Waël Bou Faour, en expliquant que la reprise de contact escomptée par MM. Berry et Joumblatt sera « le prélude à une entente nationale ».
Après avoir mis l'accent sur la gravité des événements dans la région, le ministre de la Santé a jugé que « ceux qui croient pouvoir changer la donne en Syrie ou ailleurs se trompent ». Partant de là, il a considéré que les Libanais n'ont d'autre choix que de se concentrer sur leur pays pour le prémunir contre les tempêtes qui soufflent autour de lui. À ce propos, M. Bou Faour a plaidé pour une « distanciation interne » qui implique, selon lui, un dialogue « sérieux entre toutes les parties et notamment entre le courant du Futur et le Hezbollah ». « Non seulement cela provoquera une détente aux niveaux politique et populaire, mais permettra de parvenir à un règlement politique qui aidera le Liban à traverser cette période difficile », a-t-il dit.
Suivant le même raisonnement, le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, proche de M. Berry, a estimé qu'il n'est pas possible de rééquilibrer la situation politique, économique et financière au Liban sans une stabilité au niveau des institutions politiques, « dont la base reste l'élection d'un chef de l'État ». M. Khalil, qui s'exprimait dans le cadre d'un séminaire économique organisé par l'Association des commerçants de Beyrouth, a jugé « anormal » que cette situation perdure, « en raison de son impact négatif sur tous les aspects de la vie au Liban et sur le fonctionnement des institutions de l'État ».
Il a égratigné au passage le gouvernement, affirmant « pratiquer une sorte d'autocritique ». « La vie politique au Liban ne peut pas s'assainir tant que chaque ministre s'adjuge un droit de veto. Notre gouvernement est composé de 24 ministres dont chacun se prend pour le chef de l'État bloquant ou facilitant un dossier lorsqu'il le souhaite et suivant ses intérêts politiques », a-t-il déploré, en expliquant que cette anomalie est due en grande partie à l'absence d'un chef de l'État.


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CORRECTION ! MERCI : ".... développement dont la seule force motrice semble être le calendrier assurément étranger, l'hyper collant d'à côté...."
13 h 25, le 22 novembre 2014