Nous reproduisons tel quel le texte qui suit, œuvre d'un Libanais qui, avec ses mots, dit sa rage contre l'envahisseur et son amour pour sa patrie :
Mère patrie des Phéniciens, peuple de marins, rameau de la dynastie des Cananéens,
Tu as dominé des siècles durant le commerce méditerranéen,
Ton métissage porte les séquelles des passages empiriques comme un trésor ancien,
Des Perses aux Assyriens, des Arabes aux Romains,
Des Mamelouks aux Byzantins, des Ottomans aux Franciliens,
Tu portes en toi l'empreinte des plus grands conquérants, comme Alexandre le Macédonien,
De Lamartine à Saint-Exupéry, en passant par Gibran, ta beauté a inspiré les plus grands écrivains,
Des peuples entiers se sont abreuvés de tes seins,
Tu les as nourris de ton miel et de ton lait sain,
Aujourd'hui, vois comme les lettres qui épellent tes grands cèdres dans tes cendres se mêlent,
Le « N » occupé à raviver les flammes de leur « Haine » éternelle.
Quand la Sy-rie, tu pleures tes martyrs, et quand tu pleures autant que la famille ne Hari-ri pas, ris-raël.
Le noir corbeau a blessé la blanche colombe et l'a privée de ses ailes,
Elle a beau roucouler, les instances internationales restent sourdes à son appel,
Si l'Histoire de mes ancêtres gît sous tes décombres,
Par ces écrits je viens rouvrir les tombes,
Pour que l'esprit de nos morts apportent un peu de lumière à tes nombreuses zones d'ombre.
Ces esprits malsains se sont mus en biologistes pour modifier ton code génétique,
Afin que ton histoire ne connaisse qu'une fin tragique sans générique,
Si les collabos doivent prendre froid pour que tu t'enrhumes,
Alors par ma plume j'étoufferais leurs manigances jusqu'à te libérer de cette brume,
La fleur au fusil, je tirerais des roses à boulets rouges dans leur sombre cœur,
Pour que germent des oliviers dans les jardins de tes agresseurs,
Ils ont beau te piétiner avec leurs pieds souillés,
Tel le phénix tu es destiné à toujours te relever.
Tel des apatrides, ton hymne résonne en nous comme un air dont nous ignorions les paroles,
Car nous avons été bercés par la mélodie de leurs mitraillettes dans nos écoles,
Même s'ils ont dépouillé ta terre et ton eau,
Regarde combien de larmes ont été versées sur ton sol pour remplir tes caniveaux,
Combien d'inno-sang se sont sacrifiés pour brandir ta bannière,
Tes enfants ont beau partir loin, ils reviennent toujours dans ta tanière,
Ces lâches ont séparé nos mains pour que l'on prenne différents chemins,
Mais sunnites ou chiites, orthodoxes ou maronites, coptes ou druzes, même si on pense être différents, Dieu restera notre dénominateur commun.
Garde mon témoignage sur ces pages immaculées comme la blanche neige sur tes montagnes en guise d'hommage, que les archivages ressortiront le jour où ma mémoire faillira à cause de l'âge.
Soldat Freeman, tel est le matricule que je décline, Libanais métissé fils et descendant de colonisés, un peu lissé un peu frisé, ma double nationalité n'est qu'une schizophrénie de mon identité.
Nos lecteurs ont la parole - Aly Taha [Freeman]
Au pays des cèdres et des cendres...
OLJ / le 19 novembre 2014 à 00h00


LA TAKOL ASLI WA FASLI ABADAN... ETC...
12 h 35, le 19 novembre 2014