Sur la carte géographique de l'Asie, existe un petit point presque invisible, s'il n'est pas porté à l'échelle 1/20000. Ce petit point, amplifié, s'avère être un pays dont la superficie de 10 452 km2 crée jusqu'à ce jour une polémique, parce que, tout simplement, les pays limitrophes, à savoir la Syrie et Israël, veulent s'accaparer ses richesses naturelles. Une abondance d'eau qui à force d'être détournée par ses honnêtes voisins commence à être insuffisante à la population, ainsi que les gisements de pétrole et de gaz récemment découverts dans ses eaux territoriales. Ce pays, notre beau Liban, a obtenu son indépendance le 22 novembre 1943, sous le mandat français, grâce à l'union des chefs de ses différentes communautés. Bien plus tard, en 2005, la population libéra le territoire de l'occupation de la Syrie voisine, durant laquelle toute une génération a subi les attentats et la maltraitance, alors que tombait une kyrielle de martyrs par amour pour la patrie. Si le courage et la bravoure de la société civile ont pu déplacer une montagne de soldats et de ferraille, on ne peut en dire autant de ses dirigeants, emmurés dans leur protection mobile qui les suit partout. Au fil des ans, le Liban, grâce au potentiel intellectuel et artistique de nombre de ses citoyens de renommée
internationale, s'est retrouvé dans la cour des grands.
Les politiciens, eux, n'ont pas suivi cet itinéraire vers les étoiles de la célébrité, leur popularité s'étant limitée aux ruelles étroites des guerres, de l'exil et de la prison. Ils n'ont pas imité, non plus, l'exemple des héros de l'indépendance, unis dans l'adversité, mais, égoïstement, chacun travaillant dans son propre intérêt, bien loin du patriotisme, ils ont favorisé la discorde au sein de leur communauté tant musulmane que chrétienne. Actuellement, les événements au Proche-Orient, déclenchés dans un but financier, utilisent comme couverture le conflit religieux pour atteindre l'objectif déterminé. Les takfiristes de l'EI, véritable boîte de Pandore avec son déferlement de maux, sont instrumentalisés, dit-on, par les dictatures arabes. Certains analystes attribuent le financement de Daech au Qatar, sur base d'une rivalité entre les deux grands producteurs d'énergie qui se partagent le même champ gazier, à savoir : le Qatar avec son North Dome et l'Iran avec le South Pars. La Syrie, passage indispensable au gazoduc, a donné son appui à l'Iran et à l'Irak pour la construction de l'« Islamic gaz pipeline », tout en en refusant l'accès au Qatar qui, actuellement, se tourne vers la Turquie et appuie l'opposition syrienne. La même dualité se retrouve entre l'Arabie saoudite et l'Iran, sur fond géopolitique de domination de la région, chacun de ces deux États favorisant un régime.
Il est certain qu'Israël trouve son compte dans cette dislocation des États arabes. Le Liban, qui ne dispose pas encore d'un État laïc, tombe dans le panneau des querelles communautaires, traduites sur le terrain en guérillas dans les villages et les quartiers. De cause à effet, cette dualité des deux principales branches de l'islam aidant, le résultat sur la société civile ne se fait pas attendre, celle-ci se retrouvant de nouveau face au danger du terrorisme, otage des cellules dormantes et des réfugiés à vision fanatique qui l'envahissent. Le pays, mal protégé, devient le duplicata d'une situation régionale désespérée. Un Liban transformé en plate-forme par les uns à seule fin de combattre avec le régime sanguinaire de Bachar, pendant que les autres aident l'opposition devenue encore plus sanguinaire au contact des takfiristes de l'État islamique.
Chaque jour qui passe amène avec lui les cercueils et les deuils. Les semaines et les mois se succèdent, marquant la région d'une colère ensanglantée. Une folie meurtrière recouvre de cendres des paysages déchirés, des peuples déboussolés. Les exodes se multiplient; longues files humaines tantôt traversant les déserts et tantôt voguant à travers mers, fuyant leur destin vers d'autres rives, fuyant la mort vers un avenir ignoré.
A-t-on atteint le fond du gouffre ou le sommet de l'anarchie alors que nous surfons sur les vagues chaotiques d'un monde en désintégration? L'assurance d'avoir accédé à la connaissance de l'être humain, en cette décennie, s'efface devant la vision d'un inconnu issu de la préhistoire. Un homme que le Dr Alexis Carrel, s'il était encore vivant, aurait eu la profonde curiosité d'en disséquer et le caractère et le cerveau.
Cette boîte de Pandore envoyée par les Arabe, s'attendaient-ils à ce qu'elle soit aussi destructrice ? Les voilà donc surpris et effrayés par cet afflux de barbares qui envahissent la terre. La légende, elle, compatit au malheur de l'humanité car « ... lorsque Pandore voulu refermer la boîte, seule l'espérance y resta enfermée... ».
Comme le disait Paul Claudel : « Plus triste que de perdre ses biens, c'est de perdre son espérance. » J'espère donc que l'affaire Daech ne sera bientôt plus qu'un mauvais souvenir et que le monde retrouvera son équilibre, ainsi que notre petit Liban qui, semblable au roseau de la fable de La Fontaine, plie mais ne rompt jamais.
Molly SELWAN


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
QUI A OUVERT LA BOÎTE DE PANDORE CHEZ NOUS ? SECRET DE POLICHINNELLE !
20 h 02, le 18 novembre 2014