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Économie

Les salaires, variable-clé pour la Fed en 2015

Il y a encore quelques mois, la tâche de la Réserve fédérale américaine paraissait assez simple. Attendre que le chômage se rapproche de son taux d'équilibre, constater que l'inflation commence à réagir au raffermissement de la croissance, puis amorcer la remontée des taux directeurs, de manière graduelle, avec une première hausse vers le milieu de l'année 2015. Or si le chômage continue de baisser, l'inflation, elle, ne se redresse plus. Si le recul de l'inflation résulte avant tout d'un effet pétrole, il est probable que les membres du FOMC y verront un phénomène temporaire. Mais pour s'assurer de ce point, l'attention va naturellement se tourner vers les salaires, qui peuvent donner un éclairage utile sur les tendances de l'inflation domestique.
Si l'on suppose que la part des salaires dans la production est constante, leur hausse doit finir par se répercuter sur la dynamique des prix. On doit donc considérer les salaires comme des indicateurs avancés de l'inflation future. Que nous disent les chiffres actuellement ? Si l'on considère l'indicateur mensuel des salaires horaires, qui est la statistique la plus suivie, il n'y a aucun signe de dérapage. Sa croissance est d'environ 2 % par an depuis la mi-2013. Quelques frémissements peuvent toutefois être observés dans d'autres métriques. L'Employment Cost Index a bondi de 0,7 % au T3 après une hausse similaire au T2. Il augmente de 2,3 % sur un an. Même si le redressement n'est pas éblouissant, on notera qu'il s'agit du rythme le plus élevé depuis 2008. Les salaires hebdomadaires (salaires horaires x heures travaillées) augmentent de presque 3 % l'an depuis juin, là aussi un niveau qui n'avait plus été vu depuis la crise. Tout cela est cohérent avec l'image d'un marché du travail qui sort de convalescence, de sorte qu'on peut raisonnablement attendre une accélération des salaires en 2015. À quel rythme ? La question est en fait de savoir si le mouvement sera graduel, ou bien s'il peut subitement s'emballer. Au vu de l'histoire, le second scénario ne peut pas être exclu. On constate qu'une fois revenu au plein-emploi, la modération des salaires peut disparaître assez vite. En 2005, il n'avait fallu qu'un an pour passer de 2,6 % à 4,2 %. Si un mouvement similaire devait se produire, les partisans du statu quo, dont les vues ont jusqu'à présent prévalu, devraient reconnaître qu'ils sont tombés derrière la courbe.

Il y a encore quelques mois, la tâche de la Réserve fédérale américaine paraissait assez simple. Attendre que le chômage se rapproche de son taux d'équilibre, constater que l'inflation commence à réagir au raffermissement de la croissance, puis amorcer la remontée des taux directeurs, de manière graduelle, avec une première hausse vers le milieu de l'année 2015. Or si le chômage continue de baisser, l'inflation, elle, ne se redresse plus. Si le recul de l'inflation résulte avant tout d'un effet pétrole, il est probable que les membres du FOMC y verront un phénomène temporaire. Mais pour s'assurer de ce point, l'attention va naturellement se tourner vers les salaires, qui peuvent donner un éclairage utile sur les tendances de l'inflation domestique.Si l'on suppose que la part des salaires dans la production est...
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