Le secrétaire du bloc parlementaire du Changement et de la Réforme, Ibrahim Kanaan, a déposé hier au nom de son groupe politique un recours en invalidation de la prorogation du mandat du Parlement libanais, auprès du Conseil constitutionnel. « Les élections ne peuvent être annulées ou reportées parce qu'une certaine partie le désire. Le mandat du Parlement a été prorogé sans que les citoyens n'aient eu leur mot à dire et cela est inadmissible », a-t-il ensuite expliqué aux journalistes présents sur les lieux, indiquant que la situation sécuritaire n'était pas une excuse valable pour la prorogation. « C'est un pas sérieux et un pas historique qui ouvre la porte à la justice pour prendre une décision historique, a déclaré M. Kanaan. Si les élections ont besoin de temps nous pouvons parler de délais de quelques mois mais pas de deux ans. La démocratie signifie élections et alternance au pouvoir et si un coup est porté aux deux il n'en restera plus rien ». Et d'ajouter : « Notre démarche auprès du Conseil constitutionnel aujourd'hui exprime notre confiance en l'État et ses institutions. » « Si la démission pouvait mener à des élections nous aurions démissionné avant de venir au Conseil constitutionnel », a par ailleurs répondu M. Kanaan en réponse à la question d'une journaliste sur une possible démission des députés du CPL de la Chambre.
Dans l'après-midi, le Conseil constitutionnel s'est réuni pour examiner la question. Comme prévu, le quorum était assuré et, selon la procédure habituelle, un rapporteur a été désigné parmi les dix membres réunis. Ce rapporteur devra préparer un rapport qui sera discuté par le Conseil dans les prochains jours, avant qu'il ne se prononce sur une éventuelle suspension de la loi qui prévoit une prorogation de 31 mois du mandat de la Chambre qui expirait le 20 novembre, et qui a été publiée mardi dans le
Journal officiel.


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