Le patriarche maronite, célébrant l’office hier à Bkerké, hier. Photo Ani
Le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, a déploré hier l'incapacité du pouvoir et des politiques en général à œuvrer en faveur de l'unité du peuple, appelant la société civile à prendre la relève dans cette mission.
Citant le pape François au cours de son homélie dominicale hier à Bkerké, Mgr Raï a estimé qu'il était du devoir de la communauté politique et du pouvoir public d'œuvrer pour la solidarité et l'unité du peuple, de sorte que ce dernier se caractérise par son allégeance à l'État et à la patrie – ainsi que pour le bien commun.
« Il est vraiment déplorable que la communauté politique et le pouvoir public au Liban n'aient pas créé un peuple uni dans son allégeance au Liban et aux institutions constitutionnelles. Au contraire, ils ont dispersé et divisé le peuple, dont l'allégeance va désormais aux personnes, pas à la patrie. Il est nécessaire que la société civile œuvre pour former ce peuple, en coordination avec les écoles et les universités, loin des divisions et des colorations politiques », a indiqué le patriarche, dans sa première homélie depuis son retour d'Australie.
« Le Liban ne peut pas perdurer dans cet état de dispersion en raison du jeu des politiques influents, aux dépens de l'État, des institutions et du peuple. Il est désormais nécessaire que la société civile prenne en main la question de l'unité et du progrès du peuple, ainsi que celle de la protection des composantes de la nation, par le biais de la culture, de l'éthique, et en s'engageant à former un peuple uni par la vérité, la liberté et l'allégeance à la patrie. Elle doit aussi aider à créer de nouveaux leaders qui puissent régner d'une manière bonne, juste et équitable pour tout le monde », a ajouté Mgr Raï.

