Sur la plage Saint-Simon, un char d’assaut amené par les soins de l’armée dégageait l’avion enlisé dans le sable. On voit ici aviateurs italiens et français accrochant au Santo Francesco les cordes à l’aide desquelles il va être tiré.
– Le B.R.20 Fiat ne répond plus !... La radio de Mezzé vient de capter le message d'un bimoteur italien survolant les chaînes du Liban. Ce message demande les renseignements de la météo et les possibilités d'atterrissage à Damas.
... Puis brusquement rien.
Le B.R.20 ne répond toujours pas... Il est 7h20. Le vent d'ouest souffle dur.
Un coup de fil à Beyrouth.
Recherchez l'avion du commandant Lualdi. Il a dû atterrir quelque part chez vous !...
Un beau « taxi » vraiment, ce Fiat qui étendait ses ailes immenses et blessées sur le sable de Saint-Simon. (...) Dans la carlingue, deux aviateurs, le visage allongé, l'œil dur, boudent. Loupé le raid !
Quel raid ? Cinq aviateurs italiens (...) tentaient Rome-Tokio. Le Journal « La Stampa », en réponse à la visite de l'aviateur japonais Kamikaze à Rome, l'année dernière, avait organisé cette croisière.
Échouer si près de la première étape, et si bêtement ! Le (...) Santo Francesco – avion de bombardement militaire – avait quitté Rome dans la nuit d'hier (...) Il devait atterrir à Damas dans la matinée. (...) Tout à coup, au-dessus des chaînes du Liban, l'avion perd sa vitesse. (...) Le commandant Lualdi jette un coup d'œil sur les vitres. Elles sont givrées.
(...) L'aérodrome de Beyrouth est là, tout près (...).On met le cap sur la capitale libanaise. L'avion continue à perdre sa vitesse. Le temps presse.(...) Pour comble de malheur, tandis que l'avion manœuvre sur le terrain, un des moteurs grille. Lualdi et ses compagnons sont à 250 mètres du sol et plus moyen de placer.
Décidément, la chance ne les favorise pas : des ouvriers travaillent, dispersés, sur toute l'étendue de l'aérodrome. Plus le temps de « redresser ». (...) On descendra sur le sable. Et comme une fleur, le merveilleux avion italien se pose sur la plage, à trois mètres de la mer. (...) Le commandant fait l'appel. (...) À bord, tout le monde se regarde. On se tâte. On s'examine. (...) Ils l'ont échappé belle ! dira le capitaine Stemer, inspecteur de l'aérodrome de Beyrouth.
Ils l'ont échappé belle, mais ils sont tristes. La belle randonnée est ratée. Damas, Karachi, Calcutta, Formose, Tokio. Il faut remettre ça...
D. Tosbath.


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