Bélinda Ibrahim, une auteure à l’écriture sincère et spontanée... Photo Michel Sayegh
Premier roman de cette journaliste* qui a déjà signé quelques nouvelles ainsi que deux amusants recueils de portraits (prototypes) de nos hommes, Liban: conte d'un été meurtrier annonce d'emblée la couleur: assurément «Noir, blanc, etc.».
Noir car, vous l'aurez peut-être deviné, cet été meurtrier que Bélinda Ibrahim raconte est celui de 2006. Lorsqu'un certain mois de juillet, le pays du Cèdre bascule du jour au lendemain dans l'horreur d'une énième guerre... Tout aussi absurde que les
précédentes.
Blanc, parce que, parallèlement à ces jours de dévastation, de colère et d'angoisse qu'il retrace, ce roman garde une certaine légèreté de ton induite par le récit d'une relation amoureuse qui se noue à distance entre la narratrice, une Libano-Française bloquée sous les bombardements, et un Français rencontré brièvement peu de temps auparavant à Paris.
Un livre double donc. Alternant carnet de bord d'un plein mois de guerre vécu de l'intérieur et journal – forcément intime – d'une relation amoureuse naissante entre deux êtres qui vont tenter de transcender leurs univers opposés au moyen d'e-mails et de SMS journaliers, échangés au rythme des coupures de courant et des hoquets d'un réseau Internet «prostatique».
Un opus qui offre, en somme, un témoignage journalistique doublé d'un témoignage sur les nouveaux modes de séduction à l'heure des réseaux de communication modernes. Mais qui reste forcément subjectif. Car ce Conte d'un été meurtrier relate les événements de 2006 à travers le prisme du vécu personnel et des émotions propres à l'auteure – dont certains passages, aux accents véhéments, dévoilent l'étendue de son désenchantement. Bien qu'elle écrive dans son avant-propos: «Tant que l'amour aura encore le pouvoir (magique) d'adoucir les guerres qui nous sont continuellement imposées, la pulsion de vie restera la plus forte.»
En résumé, ce petit livre – à la saveur sucrée-salée – ne manquera pas de trouver écho chez ceux qui, comme Bélinda Ibrahim, souffrent des «trahisons à répétition de ce pays sans pouvoir le quitter, comme on le ferait avec un homme qui vous aurait trop déçu».
À offrir donc à ceux qui, parmi nos concitoyens, auraient encore besoin d'un petit coup d'éperon pour se réveiller de leur béate
léthargie!
*Bélinda Ibrahim collabore à « Femme Magazine ». Elle a été chef de projet du mensuel « Santé Beauté » de « L'Orient-Le Jour ». Elle est également éditrice.


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