Le président congolais Denis Sassou Nguesso. Photo AFP
La chute du président burkinabè Blaise Compaoré inspire l'opposition congolaise, qui fait face à un raidissement du pouvoir alors que le clan du président Denis Sassou Nguesso cherche à modifier la Constitution pour lui permettre de briguer un nouveau mandat en 2016.
Très rapidement après l'annonce de la démission de M. Compaoré, le 31 octobre, l'Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS), première formation de l'opposition au Congo-Brazzaville, a appelé dans un communiqué « les peuples des pays où les velléités de modification ou de changement de Constitution sont perceptibles à résister et s'opposer systématiquement à ce genre d'imposture ». À Brazzaville, on relève des similitudes entre les événements de Ouagadougou et ce qui se passe sur la scène nationale. Aux termes de la Constitution congolaise, adoptée en 2002, M. Sassou Nguesso, septuagénaire cumulant 30 années à la tête du pays, devra abandonner ses fonctions de président en 2016, sans possibilité de se présenter à sa propre succession. Son cas est loin d'être unique en Afrique centrale. Les présidents de la République démocratique du Congo, du Rwanda et du Burundi sont dans une situation semblable. Au pouvoir depuis respectivement 2001, 1994 et 2005, ils doivent céder la place en 2015 ou 2016, mais leurs partisans manœuvrent pour les aider à rester en fonction via une révision constitutionnelle. Pour l'instant, le président Sassou n'a rien révélé publiquement de ses intentions mais ses proches s'activent pour lui permettre de se succéder à lui-même, à l'instar du président de l'Assemblée nationale, Justin Koumba, à la tête d'un Front citoyen pour le changement de la Constitution (F3C). Cette campagne a lieu alors qu'augmentent les entraves à la liberté de la presse dans le pays, comme en témoigne l'expulsion en septembre de deux journalistes, un Camerounais et une journaliste d'origine malienne, critiques du pouvoir et que l'opposition dénonce depuis plusieurs mois des tentatives d'intimidation émanant du pouvoir.
« La situation du Burkina Faso fait peur à nos dirigeants. Nous leur demandons tout simplement de ne pas tripatouiller les Constitutions », déclare Clément Miérassa, coordonnateur du mouvement citoyen. « Nous n'avons pas besoin de dirigeants inamovibles et éternels », ajoute-t-il encore.
Laudes Martial MBON/AFP

