Après le narcissique «moi ou personne» est venu le chantage du «moi ou le chaos» ou, dans sa vraie version: «Ils m'éliront président, sinon je détruirai tout et ils seront bien forcés de m'élire.» «Tout détruire», mais comment cela peut-il se faire?
Derrière le mur il existe un objectif et une stratégie bien définis : celle du vide constitutionnel par la destruction des institutions. Un scénario déjà bien avancé.
La première victime est la présidence de la République. Nous y sommes déjà, mais il n'entend pas s'arrêter en si bon chemin.
Après la présidence, c'est à l'Assemblée nationale qu'il s'attaque. Sous couvert de démocratie, il exige des élections. Mais comme celles-ci ne peuvent avoir lieu, il lui suffit alors de s'opposer à l'extension du mandat du Parlement, qui arrive bientôt à sa fin. Ni élections ni extension. Exit l'Assemblée nationale, la plus importante de toutes les institutions, d'ailleurs la seule à pouvoir assurer la continuité. Deuxième victime d'un plan hautement machiavélique.
La troisième victime sera évidemment le gouvernement, ultime rempart institutionnel qui sera facilement démonté par la démission des ministres inféodés et alliés. Les finances et toute l'économie du pays seront très vite paralysées. Plus de salaires ni d'ordres pour l'armée à un moment où la sécurité du pays est en danger. La panique et les peurs s'installeront dans tout le pays et le désespoir avec.
Mais ce n'est pas fini. Car sa quatrième victime, qui est de loin la plus importante, devra aussi être éliminée: «Le Pacte national». Ce pacte du «vivre ensemble», cet humanisme unique que les chrétiens et les musulmans ont construit à travers leurs souffrances communes et leurs multiples et dures épreuves, et qu'ils veulent donner en exemple au monde entier, devra être assassiné.
Mais les fils des marionnettes sont tirés ailleurs. Avec le sourire et la satisfaction envers celui qui exécute leur plan. De fait, «ils» n'ont jamais renoncé à leur objectif premier: mettre la main sur le pays. Alors, «ils» proposeront un nouveau pacte, une espèce de «triumvirat» qui sera finalement accepté, car la rationalisation est plus forte que la morale et les principes. On justifiera l'ignominie par le mensonge. Alors, comme à l'accoutumée, des voix s'élèveront pour dire: «Il vaut mieux accepter plutôt que de tout perdre!»
Quoi de plus grand chaos que le vide institutionnel? Le démembrement du pays! Quoi de plus grande destruction que celle de tout «déconstruire» !
Alors, une fois de plus, le vulnérable 14 Mars – «la mère de l'enfant» – sera contraint de sauver le pays en sacrifiant ce qui lui reste de patriotisme. D'autres continueront de subir les menaces dirigées contre leur «montagne» et voudront éviter le choc à tout prix. Leurs arguments ne feront que justifier un comportement peu héroïque. Il n'y aura point d'autre choix que de se plier sous la pression des menaces et du chantage de la terreur. Mais son illusion s'arrêtera ici, car la fourberie finale de ceux qui le manipulent sera de révéler leur véritable candidat qui est, et a toujours été, leur préférence et premier atout. Le «moi ou le chaos» n'aura servi qu'aux maîtres qui tirent les ficelles, alors qu'il aura pendant ce temps conduit le pays à la destruction; point de départ d'un chaos sans fin. L'histoire retiendra que le détracteur de l'intérieur est plus ravageur que l'ennemi de l'extérieur. Cette phrase jetée par lui en pâture aux Libanais, «moi ou le chaos», n'est que de l'inconscience, une obsession qui résonne comme une répétition d'un passé plein d'ambitions suspectes qui avaient fini par échouer lamentablement. Dans sa chute, il entraînera tout le pays et ceux qui ont cru en lui.
Quant aux chrétiens, dont prétendument il défend les intérêts, un grand nombre quittera le pays pour des cieux où l'espoir n'est pas mort.
Qui donc bénéficie du chaos, de la destruction du Liban et de l'émigration de ses jeunes?


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