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Nos lecteurs ont la parole - Georges H. Mallat

Il y a 45 ans, l’affaire du Mirage

Dans cette affaire, on aurait bien vu David contre Goliath, tant le déséquilibre était démesuré entre les capacités de ses deux acteurs, et tant ce déséquilibre démesuré avait relégué cette affaire dans un tel imaginaire qu'on se demande parfois s'il ne s'agit pas d'une légende.
Mais il est bon de rappeler qu'à l'automne 1969, les services secrets soviétiques avaient bien tenté de dérober un Mirage III à l'armée de l'air libanaise, un des douze appareils que le général de Gaulle avait fait livrer au Liban, et que ce furent bien les autorités libanaises qui avaient dévoilé le complot et mis la main sur les agents intervenants.
Les raisons apparentes (ou moins apparentes) étaient nombreuses : percer des secrets technologiques, offrir l'appareil aux régimes arabes prosoviétiques ou montrer l'inaptitude des autorités libanaises à préserver un armement haut en qualité et en modernité, un sujet d'ailleurs tellement d'actualité.
Mais au lieu de verser dans des jugements d'intentions interminables qui en pleine guerre froide avaient suscité maints remous, réactions et contre-réactions controversées de part et d'autre, tant au niveau politique qu'idéologique, les faits historiques demeurent là. Des faits qu'il est bon de rappeler. Des faits retenus par les preuves alors avancées, tant écrites (plan de vol et chèque tiré à Moscou sur la banque d'URSS) que par aveux (témoignages de diplomates soviétiques postés à Beyrouth). Mais il suffit de se replonger dans l'ambiance de l'époque pour mesurer le mérite des autorités libanaises dans l'accomplissement de leur tâche – à une époque où la simple évocation des trois lettres désignant les services soviétiques pouvait provoquer émoi, inquiétude et souvent peur.
Mais par quoi ce mérite s'était-il manifesté ? Évidemment par le professionnalisme, la détermination, le courage et la mesure de la part de toutes les parties concernées. Et c'est peut-être là, au-delà du déséquilibre des moyens entre services libanais et soviétiques, que réside l'autre aspect invraisemblable de cette affaire. Car l'état actuel de notre administration publique nous fait mal imaginer le niveau qu'avait atteint cette même administration à la fin des années soixante : un labeur mis en évidence par la minutie et la patience des services sécuritaires dans l'éveil des soupçons et la construction du puzzle d'observation ; un professionnalisme caractérisé par le respect des règles d'engagement dans ce genre de situation ; une détermination et un courage pour décider d'agir et d'intercepter les actes de planification et de réalisation imminente du complot, et puis enfin la capacité de ces mêmes autorités, une fois le danger passé et la vérité dévoilée, d'en gérer les conséquences avec mesure. Sans doute une mesure bien relayée par la classe politique, la presse et la sociéte civile, et couronnée par une justice intègre dont je tiens à en saluer une mémoire vivante, mon grand-père, Georges Mallat, procureur général militaire à l'époque et un des témoins directs de cette affaire exceptionnelle.
Cet épisode malheureusement peu connu de notre histoire contemporaine, ou bien oublié, montre bien que l'armée libanaise est digne et capable de préserver un équipement de qualité contrairement à certaines allégations partisanes ou politiciennes. En ce mois de l'indépendance et au moment où notre armée est engagée dans un combat de chaque jour, il était bon de rappeler que les capacités d'hier ne font pas défaut aux combattants d'aujourd'hui.

Georges H. MALLAT
Avocat à la Cour

Dans cette affaire, on aurait bien vu David contre Goliath, tant le déséquilibre était démesuré entre les capacités de ses deux acteurs, et tant ce déséquilibre démesuré avait relégué cette affaire dans un tel imaginaire qu'on se demande parfois s'il ne s'agit pas d'une légende.Mais il est bon de rappeler qu'à l'automne 1969, les services secrets soviétiques avaient bien tenté de dérober un Mirage III à l'armée de l'air libanaise, un des douze appareils que le général de Gaulle avait fait livrer au Liban, et que ce furent bien les autorités libanaises qui avaient dévoilé le complot et mis la main sur les agents intervenants.Les raisons apparentes (ou moins apparentes) étaient nombreuses : percer des secrets technologiques, offrir l'appareil aux régimes arabes prosoviétiques ou montrer l'inaptitude des...
commentaires (2)

ET QU'EN EST-IL DE L'ACCUSATION DE COMMISSION DE CINQUANTE MILLIONS DE DOLLARS... AU "JARDINIER"... QUI FUT LA CAUSE DU RETOUR DE CES APPAREILS... SI LA MÉMOIRE NE TRAHIT PAS ?

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

09 h 16, le 07 novembre 2014

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Commentaires (2)

  • ET QU'EN EST-IL DE L'ACCUSATION DE COMMISSION DE CINQUANTE MILLIONS DE DOLLARS... AU "JARDINIER"... QUI FUT LA CAUSE DU RETOUR DE CES APPAREILS... SI LA MÉMOIRE NE TRAHIT PAS ?

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    09 h 16, le 07 novembre 2014

  • Malheureusement, à la même époque, le Liban renonça à sa souveraineté en signant Les Accords du Caire...

    KHEIREDDINE EL-AHDAB

    02 h 40, le 07 novembre 2014

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