L'a-t-on retrouvée ? Est-elle encore perdue ? Cette image qui faisait les beaux jours du cinéma d'antan ? Cette image pour laquelle, depuis les frères Lumière, tous les cinématographes ont œuvré. Certes, parmi des milliers de films sortis au cours de l'année de par le monde, un, deux, voire une dizaine d'œuvres parviennent à capter l'intelligence du spectateur. Par l'image. Ainsi, elle le hante, l'habite et fait survivre le film bien après que ce spectateur soit sorti de la salle. Rappelons-nous Lincoln. Daniel Day Lewis debout dans la pénombre de son bureau alors qu'il attend le résultat du vote. Ou le tout petit pied du bébé nimbé de lumière dans Tree of Life de Terrence Malik ou encore, même s'il s'agit de mixed media, le mélange de technique manga avec l'image réelle de Quentin Tarantino. Mais on est loin des années 70-80, règne de l'image. Loin de Stanley Kubrick avec Barry Lindon, du Godfather de Coppola où chaque action était image, d'Easy Rider où celle-ci incarnait réellement la liberté. Qu'est-ce que l'image sinon le pivot d'un film. C'est elle qui dicte si l'action avance ou stagne. C'est elle qui raconte des histoires. Soutenue de toute évidence par la lumière et anoblie par le montage et autres techniques cinématographiques, l'image ne peut que perdurer ! Que de pellicules jetées aux ordures, destinées à l'oubli ! Le cimetière des films doit regorger de cadavres cinématographiques ! L'image dans son épure témoigne non seulement de la créativité, mais de la création. Tout comme ce doigt de Dieu qui effleure Adam dans la chapelle Sixtine. Quoique d'un minimalisme effroyable, Michel Ange avait réussi à créer une image pour l'éternité.

