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À La Une - France

Hollande en mauvaise posture à mi-mandat pour se représenter en 2017

Le président français le plus impopulaire depuis 1958 a affirmé qu'il irait au bout de son quinquennat, sans évoquer ses projets au-delà.

A mi-mandat, le bilan de François Hollande reste désastreux, malgré quelques coups d'éclat en politique étrangère avec des interventions militaires au Mali et en Centrafrique ainsi qu'un rôle actif dans la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique en Irak. AFP PHOTO/ ALAIN JOCARD

En échec sur l'économie, privé d'une majorité forte, François Hollande aborde la deuxième partie de son mandat dans un état d'affaiblissement inédit pour un président en France, qui soulève la question de sa capacité à se représenter en 2017.

Pour Jérôme Fourquet, de l'Institut de sondage Ifop, le chef d'Etat socialiste, qui doit s'entretenir avec des Français jeudi lors d'une émission télévisée, devrait se montrer "déterminé à prendre les problèmes à bras le corps" pour "espérer que l'opinion lui saura gré d'avoir fait le job même si les résultats n'étaient pas au rendez-vous".

Élu en mai 2012 sans état de grâce face à l'ampleur de la crise économique, François Hollande a perdu, deux ans et demi après, la confiance du peuple : la quasi-totalité des Français (97%) estime qu'il a "plutôt échoué" sur l'emploi et plus de huit Français sur dix (84%) ne souhaitent pas qu'il se présente à nouveau, selon deux récents sondages.
"Soyons honnête, nous sommes en échec" sur le chômage, avait admis récemment François Rebsamen, le ministre du Travail, reconnaissant mardi que le bilan à mi-mandat de M. Hollande était "insatisfaisant".

 

(Lire aussi : Hollande plus seul et impopulaire que jamais à mi-mandat)


Dans une atmosphère qualifiée de "fin de règne" jusque dans son camp, et sur fond d'appels à la dissolution de l'Assemblée nationale par l'extrême droite, la gauche radicale voire certaines voix à droite, le président le plus impopulaire depuis 1958 a affirmé qu'il irait au bout de ses cinq ans de mandat, sans évoquer ses projets au-delà.
Seuls 4% des Français considèrent M. Hollande comme le meilleur candidat du parti socialiste en 2017.
Nommé en mars pour accélérer les réformes, son Premier ministre Manuel Valls qui incarne l'aile droite du parti a récemment jugé que tout devait "être fait pour que M. Hollande puisse être en mesure de se représenter".

A mi-mandat, le bilan reste désastreux, malgré quelques coups d'éclat en politique étrangère avec des interventions militaires au Mali et en Centrafrique ainsi qu'un rôle actif dans la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique en Irak.

D'abord accusé de couacs et d'atermoiements, François Hollande a opéré en janvier 2014 un tournant social-libéral pourfendu jusque dans son camp et qui n'a fourni aucun résultat sur la croissance et l'emploi. Alors qu'il s'était fait fort d'inverser la courbe du chômage, la France a connu 27 hausses du chômage en... 30 mois de mandat. Le gouvernement brandit un seul remède : 50 milliards d'euros d'économies d'ici à 2017. Mais François Hollande a lui-même reconnu que ce plan "n'aurait d'effet qu'à moyen terme", n'excluant pas que le "mandat suivant en bénéficie".

 

(Lire aussi : En France, le torchon brûle chez les socialistes)



L'extrême droite en force
Le déballage de sa vie privée, avec le brûlot de son ex-compagne Valérie Trierweiler, a encore contribué à dégrader l'image d'un chef d'Etat.

Et dans sa majorité, de plus en plus de "frondeurs" étrillent sa politique jugée contreproductive et contraire à l'idéal de gauche, illustrant leur désaccord en s'abstenant lors de votes cruciaux au Parlement, comme pour le budget 2015.

Paradoxalement réputé pour son art de la conciliation, M. Hollande se retrouve entouré d'ennemis - ex-ministres, ex-conseillers - déballant leur rancœur. Pour le politologue Stéphane Rozès, cela illustre une désacralisation de la fonction présidentielle, due notamment à "la personnalité fluctuante et insaisissable" du chef de l'Etat et de son absence de vision pour le pays.

 

(Lire aussi : Avec Hollande, la fonction présidentielle est de plus en plus désacralisée)

 

Pour Jérôme Fourquet, les temps sont loin où le président échafaudait "le scénario rêvé d'une première phase de son quinquennat marquée par les efforts et la réforme avant une seconde phase marquée par la redistribution des fruits de la réforme".

Face au chef de l'Etat, l'ancien président Nicolas Sarkozy, son adversaire de droite battu en 2012, est revenu sur le devant de la scène après deux ans et demi d'abstinence politique mais l'ancien Premier ministre Alain Juppé est pour lui un adversaire sérieux.

Les difficultés à gauche et à droite font le jeu de l'extrême droite qui s'est hissée à la première place aux élections européennes en mai et, selon des sondages récents, des intentions de vote pour la présidentielle 2017. Le premier tour pourrait en conséquence être une épreuve éliminatoire pour les deux grandes formations traditionnelles, le parti socialiste et l'UMP.

 

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Le retour résistible de Nicolas Sarkozy

En échec sur l'économie, privé d'une majorité forte, François Hollande aborde la deuxième partie de son mandat dans un état d'affaiblissement inédit pour un président en France, qui soulève la question de sa capacité à se représenter en 2017.Pour Jérôme Fourquet, de l'Institut de sondage Ifop, le chef d'Etat socialiste, qui doit s'entretenir avec des Français jeudi lors d'une émission télévisée, devrait se montrer "déterminé à prendre les problèmes à bras le corps" pour "espérer que l'opinion lui saura gré d'avoir fait le job même si les résultats n'étaient pas au rendez-vous".Élu en mai 2012 sans état de grâce face à l'ampleur de la crise économique, François Hollande a perdu, deux ans et demi après, la confiance du peuple : la quasi-totalité des Français (97%) estime qu'il a "plutôt échoué" sur...
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