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Liban - Salon Du Livre

« Médias et minorités au Moyen-Orient : enjeux et controverses »

Prouver que le Libanais est toujours friand de culture malgré la sinistrose qui mine le pays du Cèdre, tel est le but de la 21e édition du Salon du livre de Beyrouth qui se tient au Biel. Dans ce cadre, l'Afej (Association francophone de journalisme) a organisé une table ronde autour du thème : « Médias et minorités au Moyen-Orient : enjeux et controverses », à laquelle ont participé Georges Corm (ancien ministre) Sammy Ketz (directeur du bureau de l'AFP de Beyrouth) et notre collaboratrice Scarlett Haddad. Le débat était modéré par Nidal Ayoub.
« La question des minorités suscite un tollé général d'émotions, de tensions et de dissensions. » C'est en ces termes que Nidal Ayoub a lancé le débat de la table ronde devant une salle comble et un public qui a fait preuve d'un grand intérêt pour le sujet adopté.
« On parle des 18 communautés qui forment ce Liban comme si on avait affaire à 18 sortes d'animaux différents obligés de vivre ensemble, et ceci est une aberration », lance Georges Corm. Selon l'ancien ministre et analyste politique, la question des confessions et des minorités dans la région a toujours été instrumentalisée par les grandes puissances internationales qui veulent contrôler les plus grands gisements de pétrole, servir les intérêts d'Israël et assurer sa sécurité. Ils ont par exemple fait des affrontements géopolitiques une guerre entre chiites et sunnites. « La presse dans ce contexte, a-t-il averti, a une responsabilité écrasante puisqu'elle contribue à "gonfler" les différends entre ces communautés, à employer des vocabulaires assassins, à légitimer la violence par un usage violent des mots. » Après un tour d'horizon sur les minorités « chrétiennes, musulmanes, selon les pays de la région », Georges Corm conclut en soulignant que « certes, ces minorités ont peur et souffrent, et la diversité avec toute la richesse qu'elle constitue est en réel danger, mais en fait nous ne devons pas perdre de vue que la source de ce problème est d'ordre socio-économique ».
Pour le directeur de l'Agence France Presse, Sammy Ketz, « l'histoire d'un pays commence à l'instant où les journalistes la découvrent ». D'énormes intérêts sont en jeu et faussent souvent les données. Dans la crise syrienne par exemple, les journalistes sont divisés en deux camps : les bons qui défendent l'opposition et les méchants qui soutiennent le régime de Bachar el-Assad. L'histoire du pays ne les concerne pas. Les faits réels et leur contexte non plus, puisque certains sont allés jusqu'à dire que le régime allait tomber aussi facilement qu'une feuille d'automne ». Or, selon lui, « la question des minorités est une manipulation. Le partage colonial qui s'est fait par le passé a été bâti sur les intérêts des uns et des autres ». Et le directeur du bureau de l'AFP de conclure : « Actuellement, le problème entre sunnites et chiites est entré dans les mentalités, ce qui n'était pas le cas par le passé, et ceci ne présage rien de bon pour l'avenir. »
Scarlett Haddad, quant à elle, a soulevé la question sous un angle purement journalistique et pratique, insistant sur le fait que « le problème des minorités n'a jamais été évoqué en profondeur dans les quotidiens libanais, (que) celui-ci est tout simplement instrumentalisé sur le plan politique ». Donnant l'exemple de ce qui s'est passé en Syrie, et précisément à Maaloula après l'enlèvement des sœurs du couvent par des rebelles, la journaliste a souligné « que les forces du 14 Mars évitent de parler de ces minorités car cela ne correspond pas à leur schéma politique, alors que celles du 8 Mars se faisaient les défenseurs de ces minorités pour sous-entendre en filigrane que c'était la "méchante" opposition syrienne qui portait atteinte aux chrétiens alors que le régime de Damas les a toujours protégés ». Et la journaliste, également correspondante de l'Express, de conclure que « tout est politisé à l'extrême. Si les faits ne vont pas dans le sens des convictions politiques de chacun, ils sont tout simplement occultés. Il faudrait donc se débarrasser de ses préjugés, éviter d'aller sur le terrain avec des idées préconçues qui ne font qu'étayer des convictions propres et revenir à la base, c'est-à-dire rechercher l'information telle qu'elle est ».

Prouver que le Libanais est toujours friand de culture malgré la sinistrose qui mine le pays du Cèdre, tel est le but de la 21e édition du Salon du livre de Beyrouth qui se tient au Biel. Dans ce cadre, l'Afej (Association francophone de journalisme) a organisé une table ronde autour du thème : « Médias et minorités au Moyen-Orient : enjeux et controverses », à laquelle ont participé Georges Corm (ancien ministre) Sammy Ketz (directeur du bureau de l'AFP de Beyrouth) et notre collaboratrice Scarlett Haddad. Le débat était modéré par Nidal Ayoub.« La question des minorités suscite un tollé général d'émotions, de tensions et de dissensions. » C'est en ces termes que Nidal Ayoub a lancé le débat de la table ronde devant une salle comble et un public qui a fait preuve d'un grand intérêt pour le sujet...
commentaires (2)

IL S'AGIT PLUTÔT DE " DEUX NÉGATIONS" QU'IL FAUDRAIT CONVERTIR EN DEUX ACCEPTATIONS !

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

11 h 24, le 04 novembre 2014

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Commentaires (2)

  • IL S'AGIT PLUTÔT DE " DEUX NÉGATIONS" QU'IL FAUDRAIT CONVERTIR EN DEUX ACCEPTATIONS !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    11 h 24, le 04 novembre 2014

  • "L'Afej a organisé une table ronde à laquelle ont participé Georges Corm, Sammy Ketz et Scarlett Haddad. Le débat était modéré par Nidal Ayoub." ! Ou, le "quatuor" Pro-bääSSyrien de choc !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    08 h 29, le 03 novembre 2014

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