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Nos lecteurs ont la parole - Bahjat Rizk

II.- Taëf et le mur de Berlin, 25 ans après

Certes, cette coupure remonte à l'époque du premier choc de cultures entre l'Orient et l'Occident et à l'affrontement entre les Grecs et les Perses, cinq cents ans avant Jésus-Christ (guerres médiques). Mais cette rivalité s'est développée à partir du VIIe siècle, lors des guerres entre les deux grandes religions monothéistes (voir L'Orient-Le Jour du mardi 28 octobre 2014).
Même s'il y a eu des périodes d'affrontements et d'autres de rapprochement, le choc et le dialogue étant les deux faces d'une même médaille. D'ailleurs, au sein même de chacune de ces deux grandes religions, il y a eu des affrontements idéologiques intrareligieux. Ce qui nous ramène à la question de la diversité culturelle, qui devrait être considérée comme une question d'anthropologie politique (structurelle) et non seulement une question de géopolitique (conjoncturelle). Le choc des cultures est toujours là, depuis l'émergence des sociétés humaines, et nous ne parvenons pas à le rationaliser. Nous ne pouvons que soit le nier (de manière utopique), soit l'essentialiser en vue de l'instrumentaliser (de manière pragmatique, voire cynique). Le conflit libanais, qui aurait dû fournir, par son règlement, un exemple réussi de gestion politique pacifique d'une société pluriculturelle religieuse, demeure, vingt cinq ans après, au point mort .
À l'époque de la chute du mur de Berlin, les députés libanais, qui avaient traversé la guerre civile (élus en 1972), se réunissaient à Taëf, de fin septembre au 22 octobre 1989, pour signer les accords censés mettre fin à la guerre civile libanaise (1975-1990).Cette réunion avait été rendue nécessaire après la vacance à la présidence de la République, en septembre 1988, et les guerres engagées contre l'armée syrienne et les milices chrétiennes (Forces libanaises) par le gouvernement provisoire nommé le dernier jour du mandat présidentiel et qui devait assurer principalement l'élection du nouveau président. Nous eûmes malheureusement droit à un président élu martyr (5 novembre 1989) et assassiné dix-sept jours après (22 novembre), le jour de la fête nationale ; puis à quinze années de tutelle syrienne (1990-2005), à l'assassinat d'un Premier ministre martyr, au départ forcé de l'armée syrienne (avril 2005) et à des luttes internes et régionales par Libanais interposés, et cela depuis bientôt une décennie.
Malheureusement, un quart de siècle après les accords de Taëf de 1989 (peu importe leur contenu), nous sommes toujours au même point : à nouveau sans président de la République et les mêmes quatre candidats majeurs à la présidence (trois toujours candidats et le petit-fils homonyme du quatrième ), dans un système politique dysfonctionnel, et des communautés dressées les unes contre les autres et une communauté maronite suicidaire scindée en deux (comme elle l'a toujours pratiquement été). Même si, entre-temps, les alliances et les discours politiques se sont inversés parfois de manière spectaculaire. Les ambitions politiques personnelles au Liban, quel que soit le retournement, finissent toujours par se justifier, hélas, au niveau communautaire.
Au-delà de toute polémique ou prise de position politique partisane, il me semble que le Liban aurait dû faire un travail sur lui-même, et sur la question de son identité et du pluralisme religieux culturel et politique. Ce n'est pas un système politique accepté par la négociation ardue ou la contrainte, mais une définition claire et une acceptation franche de cette identité pluriculturelle qui pourrait aménager un système politique qui rassure et perdure. Le système politique libanais n'est intéressant que s'il unit les Libanais, au-delà de leurs différences, tout en acceptant ces différences, comme valeur ajoutée et source de complémentarité et d'enrichissement. La question identitaire est une question constante à travers ses paramètres (paramètres d'Hérodote) et qui varie selon leur priorité. C'est ainsi que les idéologues et les milices de l'État islamique aujourd'hui persécutent les Kurdes qui sont tout aussi musulmans et sunnites qu'eux.
Vingt-cinq ans après la chute du mur de Berlin et la conclusion des accords de Taëf (emblématiques de la résolution politique des conflits pluriculturels), de nouvelles idéologies radicales et extrémistes ont remplacé les anciennes, dans de nouveaux espaces d'affrontement, et le Liban, qui ne parvient toujours pas à définir son espace identitaire interne, continue à servir d'espace de compromis ou de compromission, de médiation ou de transition, d'échange ou de rechange.

Certes, cette coupure remonte à l'époque du premier choc de cultures entre l'Orient et l'Occident et à l'affrontement entre les Grecs et les Perses, cinq cents ans avant Jésus-Christ (guerres médiques). Mais cette rivalité s'est développée à partir du VIIe siècle, lors des guerres entre les deux grandes religions monothéistes (voir L'Orient-Le Jour du mardi 28 octobre 2014).Même s'il y a eu des périodes d'affrontements et d'autres de rapprochement, le choc et le dialogue étant les deux faces d'une même médaille. D'ailleurs, au sein même de chacune de ces deux grandes religions, il y a eu des affrontements idéologiques intrareligieux. Ce qui nous ramène à la question de la diversité culturelle, qui devrait être considérée comme une question d'anthropologie politique (structurelle) et non seulement une question de...
commentaires (1)

Ce pays doit continuer à se développer sur 1 ligne ascendante s’il veut perdurer. Suite à une guerre civile, chacun des partis prenants s'appuie sur le + avancé. Dès que l’un l’a poussé suffisamment loin pour ne + pouvoir le suivre, et, à plus forte raison, le précéder, il est mis à l'écart par l'allié le + hardi qui le suit et envoyé à la trappe. C'est le contraire qui s’est produit avec Tâëf. Le camp du peuple vrai apparaît ici comme 1 simple annexe du camp "démocrate" banal. Il est trahi et abandonné par ce dernier. Le démocrate, de son côté, s'appuie sur les épaules du libéral. A peine ce dernier pense-t-il avoir 1 base solide qu'il se débarrasse du compagnon inopportun, et s'appuie même sur le camp Malsain ante. Ce dernier se dérobe, fait faire la culbute au "libéral" et s'appuie à son tour sur les épaules de la force armée ou de la milice du fakkîh. Il croit y être encore, lorsqu'il remarque que ces épaules se sont transformées en baïonnettes. Chaque faction frappe par-derrière celle qui veut la pousser en avant, et s'appuie par-devant sur celle qui la pousse en arrière. Il n'y a rien d'étonnant que, placé dans cette position ridicule, elle perde l'équilibre et, qu'après avoir fait les grimaces inévitables, elle s'écroule avec d'étranges cabrioles. Ce pays crevassé n’a suivi ainsi qu’1 ligne descendante et se trouva engagée dans ce mouvement rétrograde, avant même que la dernière "barricade" ait été enlevée et qu'ait été constituée la 1ère Post-Tâëf autorité !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

10 h 53, le 29 octobre 2014

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  • Ce pays doit continuer à se développer sur 1 ligne ascendante s’il veut perdurer. Suite à une guerre civile, chacun des partis prenants s'appuie sur le + avancé. Dès que l’un l’a poussé suffisamment loin pour ne + pouvoir le suivre, et, à plus forte raison, le précéder, il est mis à l'écart par l'allié le + hardi qui le suit et envoyé à la trappe. C'est le contraire qui s’est produit avec Tâëf. Le camp du peuple vrai apparaît ici comme 1 simple annexe du camp "démocrate" banal. Il est trahi et abandonné par ce dernier. Le démocrate, de son côté, s'appuie sur les épaules du libéral. A peine ce dernier pense-t-il avoir 1 base solide qu'il se débarrasse du compagnon inopportun, et s'appuie même sur le camp Malsain ante. Ce dernier se dérobe, fait faire la culbute au "libéral" et s'appuie à son tour sur les épaules de la force armée ou de la milice du fakkîh. Il croit y être encore, lorsqu'il remarque que ces épaules se sont transformées en baïonnettes. Chaque faction frappe par-derrière celle qui veut la pousser en avant, et s'appuie par-devant sur celle qui la pousse en arrière. Il n'y a rien d'étonnant que, placé dans cette position ridicule, elle perde l'équilibre et, qu'après avoir fait les grimaces inévitables, elle s'écroule avec d'étranges cabrioles. Ce pays crevassé n’a suivi ainsi qu’1 ligne descendante et se trouva engagée dans ce mouvement rétrograde, avant même que la dernière "barricade" ait été enlevée et qu'ait été constituée la 1ère Post-Tâëf autorité !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    10 h 53, le 29 octobre 2014

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