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Moyen Orient et Monde

Les frappes de la coalition ont tué plus de 500 jihadistes en Syrie

Syrie-Irak

Seuls 200 peshmergas irakiens seront autorisés à aller soutenir les YPG à Kobané ; la situation humanitaire se dégrade encore pour les yazidis, selon l'Onu.

OLJ/Agences
24/10/2014

Les frappes de la coalition ont tué en un mois plus de 500 jihadistes en Syrie, essentiellement des membres du groupe État islamique (EI, ex-Daech), selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).
De fait, 464 combattants du groupe sunnite extrémiste ont été tués en un mois par les raids de la coalition, affirme l'OSDH. Parmi les victimes des raids figurent également 57 jihadistes du Front al-Nosra (branche syrienne d'el-Qaëda) et 32 civils, dont six enfants. La « grande majorité » des combattants de l'EI et du Front al-Nosra tués « ne sont pas des Syriens », a précisé l'OSDH. Les frappes de la coalition visent notamment à freiner la progression de l'EI à Kobané, ville frontalière de la Turquie, qui reste encore, selon Washington, contrôlée dans sa majeure partie par les milices kurdes des Unités de protection du peuple (YPG).

 

(Voir aussi : Kobané : les images satellites avant et pendant la bataille)

 

Nouveaux combats violents
Mais « l'EI a réussi à avancer au nord de Kobané et dans le centre-ville après un cycle de violents combats qui ont débuté (mercredi) et se sont poursuivis jusqu'à hier matin », a déclaré le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. Les jihadistes se sont également emparés de plusieurs villages à l'ouest de cette ville. Il s'agit de leur première avancée depuis plusieurs jours à Kobané, où les combats ont repris en soirée dans la partie ouest, avec des échanges de tirs nourris, d'après une journaliste de l'AFP à la frontière turque.
Selon le Centcom, le commandement militaire américain chargé de la région, la coalition a conduit mercredi et hier quatre frappes près de Kobané – quinze frappes si l'on inclut les frappes de la coalition en Irak –, détruisant notamment un centre de commandement de l'EI et des réservoirs de carburant près de Deir ez-Zor. L'une d'elles a tué au moins deux combattants de l'EI sur une colline près de la ville, où les jihadistes avaient planté un drapeau noir, selon les images d'un journaliste de l'AFP prises depuis la frontière. Les déflagrations ont provoqué d'importantes colonnes de fumée noire. D'ailleurs, des frappes aériennes de la coalition internationale visant des combattants de l'EI étaient visibles depuis la frontière turque hier, un photographe de l'AFP ayant vu des jihadistes fuyant le raid.


La Turquie voisine a jusque-là refusé d'intervenir militairement, mais a décidé lundi de laisser passer des combattants kurdes d'Irak pour aller soutenir les YPG, excluant le transit de Kurdes turcs ou d'autres nationalités. Ces renforts devraient arriver sous peu, le Parlement de la région autonome du Kurdistan irakien ayant voté mercredi en faveur de l'envoi à Kobané de peshmergas, qui ont joué un rôle important en Irak pour contenir les jihadistes lorsque ces derniers ont lancé en juin une offensive fulgurante dans le nord du pays. Mais les autorités du Kurdistan irakien ont fixé à 200 le nombre de combattants devant aller à Kobané, a précisé hier le président turc Recep Tayyip Erdogan, faisant apparaître le caractère relativement symbolique de l'aide irakienne, alors que 2 000 combattants kurdes luttent à Kobané depuis le 16 septembre.
Sur un autre plan, l'armée loyaliste a repris hier la ville de Morek, dans le nord de la province de Hama, tenue depuis neuf mois par des rebelles et leurs alliés du Front al-Nosra, a indiqué l'OSDH. L'armée, qui a enregistré plusieurs succès ces derniers temps face aux rebelles, était soutenue dans cette offensive par des miliciens loyaux au président Bachar el-Assad et de nombreux raids de l'aviation du régime.

 

(Lire aussi : De Vilvorde à la Syrie, comment de jeunes Belges rejoignent le jihad)

 

Sinjar assiégé
Côté irakien de la frontière, les jihadistes de l'EI assiégeaient de nouveau hier le mont Sinjar, où s'étaient réfugiés début août des milliers de civils de la minorité yazidie fuyant devant l'avancée du groupe extrémiste. « Le mont est assiégé » et les jihadistes « tentent de grimper la montagne à pied pour affronter les volontaires yazidis », avait indiqué mercredi soir Dawud Joundi, un responsable des forces yazidies. « Il y a presque 2 000 familles qui sont en très mauvaise posture » sur le mont Sinjar, avait-il ajouté, précisant que les forces locales n'avaient « que des armes légères » pour se défendre. Un des volontaires yazidis qui défendent la zone, Khalaf Mamou, a souligné que « la situation humanitaire était devenue très difficile car il y a très peu de nourriture », ajoutant que l'essence venait aussi à manquer. Selon Khalaf Mamou, environ 1 200 hommes armés défendent le mont Sinjar. Les jihadistes ont également avancé dans la province d'al-Anbar, à l'ouest de Bagdad, en s'emparant de la zone d'Abou Nimr, selon des responsables.


Des centaines de milliers de personnes ont fui leur foyer face à l'arrivée des jihadistes : l'Irak compte désormais 1,8 million de déplacés, selon les dernières estimations de l'Onu, qui a lancé un appel à la communauté internationale afin de mobiliser au plus vite plus de deux milliards de dollars, nécessaires pour répondre aux besoins des déplacés.

 

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