Le député libanais Nicolas Fattouche. Photo d'archives.
Accusé d'avoir agressé une fonctionnaire du palais de justice de Baabda, le député Nicolas Fattouche est sorti de son silence mercredi. Dans une première réaction au quotidien panarabe Asharq el-Awsat, le député de Zahlé (contacté depuis le jour de l'incident par L'Orient-Le Jour et tous les médias locaux, sans succès) a dénoncé "un complot" qu'il promet de "traiter de façon adéquate".
Hier, Manale Daou, fonctionnaire du palais de justice en charge du dépôt des plaintes des avocats, a rapporté au ministre de la Justice, Achraf Rifi, le déroulement de l'incident avec le député lundi. "J'étais assise. Il est arrivé par la porte où je reçois les plaintes. Je ne le connaissais pas. Il est entré et a mis les papiers sur la table où plusieurs dossiers de plaintes se trouvaient déjà. J'ai voulu déplacer ces papiers afin d'organiser mon travail, mais lorsque j'ai consulté une seconde plainte, il s'est emporté et a dit que j'étais mal élevée. Je l'ai regardé, surprise par la manière avec laquelle il me parlait, en m'interrogeant sur son identité. Je lui ai demandé à trois reprises qui il était avant que son garde du corps ne me dise que c'est le ministre Fattouche."
Lundi, une source proche de Mme Daou avait expliqué à L'Orient-Le Jour que le député, irrité de devoir attendre quelques secondes que la fonctionnaire s'occupe de lui, l'avait insultée puis violemment attrapée par l'épaule. Des collègues de Mme Daou étaient intervenus.
"Toute atteinte à la dignité des fonctionnaires du ministère de la Justice et une atteinte à la dignité de Achraf Rifi", a déclaré le ministre de la Justice mercredi, annonçant que des mesures judiciaires seraient prises. Mercredi après-midi, on ne savait toujours pas si Manale Daou avait porté plainte contre le député.
Cette affaire a suscité de nombreux commentaires outrés contre le député sur les réseaux sociaux.
Après le détournement de son site web mardi, Nicolas Fattouche a été la cible mercredi d'une nouvelle opération de piratage via un détournement de la page Wikipédia du gouvernement libanais de juin 2011. A l'époque, M. Fattouche était ministre d'Etat. Dans un tableau présentant la liste des ministres, le député est la cible d'insultes, se faisant notamment qualifier d'"animal sauvage". Mardi, son site web avait déjà été transformé en galerie de photos le tournant en dérision et le présentant notamment en champion de boxe.
Le Comité de coordination syndical (CCS) a, de son côté, appelé à la tenue d'un sit-in jeudi à 9h30 devant le palais de justice à Beyrouth pour protester contre l'agression de la fonctionnaire.
Hier, Manale Daou, fonctionnaire du palais de justice en charge du dépôt des plaintes des avocats, a rapporté au ministre de la Justice, Achraf Rifi, le déroulement de l'incident avec le député lundi. "J'étais assise. Il est arrivé par la porte où je reçois les plaintes. Je ne le connaissais pas. Il est entré et a mis les papiers sur la table où plusieurs dossiers de plaintes se trouvaient déjà. J'ai voulu déplacer ces...

