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Enseigner bénévolement dans une école publique au Liban

Il y a un an, Samer Sabri, 22 ans, mettait en veilleuse son poste qu'il avait brillamment obtenu dans la prestigieuse boîte de « consultance » McKinsey, aux États-Unis, pour prendre une année sabbatique et venir enseigner gratuitement dans une école publique au Liban. Un an plus tard, il fait le point sur cette expérience.

De sa première année d'enseignement de mathématiques auprès des élèves de la classe de 7e à l'École secondaire mixte de Jeitaoui (Achrafieh), Samer garde un excellent souvenir, mais avoue être « frustré de n'avoir pas eu le temps de faire plus ». « Il y a tellement de choses à améliorer, affirme-t-il. Ces enfants veulent apprendre. Mais tous les cours sont donnés en français, une langue qu'ils ne comprennent pas. Ils perdent toute leur énergie, et le professeur la sienne, à essayer de saisir la consigne au lieu de comprendre le cours lui-même. J'ai dû finalement expliquer les maths en arabe pour pouvoir avancer. » Un autre problème que soulève Samer : les manuels scolaires complètement obsolètes et inadaptés au niveau des enfants. « Les exercices qui accompagnent le cours de maths par exemple sont tellement difficiles que, souvent, je devais moi-même réfléchir au problème pour pouvoir le résoudre », déplore-t-il. La solution ? « Modifier les manuels, les rendre moins compliqués, plus ludiques. Donner les cours en langue arabe. Évidemment tout cela demande beaucoup de moyens, que la direction n'a pas. » Samer décide alors d'opérer de petits changements dans son programme. Se basant sur sa licence en science de l'informatique, il crée de petits logiciels de jeux faciles à comprendre et à exécuter pour expliquer aux élèves les consignes de mathématiques : repérer les droites parallèles ou perpendiculaires dans un dessin, colorier les cercles, apprendre les multiples de certains nombres en cochant les bonnes réponses, etc. Une initiative qui les a beaucoup aidés, « mais que tout le monde ne peut pas entreprendre, malheureusement. L'an prochain, ils reprendront l'ancienne méthode d'apprentissage et tout cela n'aura servi à rien ! ».

Manque de suivi à la maison
La plupart de ces enfants sont issus de milieux défavorisés : pauvreté extrême, fratrie nombreuse, parents qui reviennent exténués du boulot... Tout cela entraîne une violence qui se répercute sur les enfants et les pousse à plus d'agressivité et de frustration. « J'étais choqué par le nombre d'enfants qui sont battus par leurs parents. Un père avait violemment frappé sa fille parce qu'elle avait accepté une calculatrice que je lui avais prêtée pour étudier. J'avais beau lui expliquer, il ne comprenait pas. Pour lui, sa fille avait désobéi aux règles qu'il lui avait imposées », raconte Samer.
« Les professeurs dépensent toute leur énergie pour imposer la discipline aux enfants au lieu de se concentrer sur les cours », déplore le jeune homme en admettant toutefois que ces enseignants sont d'un excellent niveau et déploient beaucoup d'efforts pour l'enseignement. «Malheureusement, l'incompréhension de la langue et le manque de suivi des enfants à la maison n'aident pas ces derniers à avancer », poursuit-il, en soulignant que c'est grâce à l'ONG « Teach a Child », qui finance la scolarité de plus d'une cinquantaine d'enfants, que les élèves ont pu poursuivre leurs études. « Certains n'ont même pas d'endroit pour faire leurs devoirs à la maison », note-t-il, ajoutant : « C'est durant les récréations que je leur réexpliquais le cours. Ils appréciaient énormément cela ! »

Encourager les enfants de façon positive
Certains enfants indisciplinés recherchent une reconnaissance et une attention. «Ils manquent d'encouragement et de compréhension. Ils ont besoin qu'on relève les petits progrès qu'ils font, aussi minimes soient-ils», martèle le jeune homme, avant d'affirmer qu'« une mauvaise performance, avec de légers progrès, peut être très constructive, si elle est associée à un encouragement». «Malheureusement, au Liban, on se concentre toujours sur les résultats et les comportements négatifs, rarement sur les progrès de l'enfant. Il y a un très gros travail à faire à ce niveau. »
Si c'est à recommencer, le referait-il ? « Certainement. Je suis ravi d'avoir donné un peu de mon temps à ces enfants. Et le fait d'avoir côtoyé cette réalité que je ne connaissais pas va me permettre d'opérer des changements plus tard, le jour où je reviendrai vivre au Liban. »

 

De sa première année d'enseignement de mathématiques auprès des élèves de la classe de 7e à l'École secondaire mixte de Jeitaoui (Achrafieh), Samer garde un excellent souvenir, mais avoue être « frustré de n'avoir pas eu le temps de faire plus ». « Il y a tellement de choses à améliorer, affirme-t-il. Ces enfants veulent apprendre. Mais tous les cours sont donnés en français, une langue qu'ils ne comprennent pas. Ils perdent toute leur énergie, et le professeur la sienne, à essayer de saisir la consigne au lieu de comprendre le cours lui-même. J'ai dû finalement expliquer les maths en arabe pour pouvoir avancer. » Un autre problème que soulève Samer : les manuels scolaires complètement obsolètes et inadaptés au niveau des enfants. « Les exercices qui accompagnent le cours de maths par exemple sont...
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