Vive la concurrence ! C'est le nouveau credo du gouvernement français. À charge pour le ministre de l'Économie, Emmanuel Macron, de préparer une loi qui fasse sauter les barrières bridant l'activité. Son projet de loi sera présenté dans plusieurs semaines, débattu au Parlement en janvier et, dans le meilleur des cas, adopté au printemps. On a donc devant nous six mois de palabres, d'annonces, d'avancées et de reculades en tout genre. Hier, les grandes lignes de cette loi ont été dévoilées. Il s'agit d'une longue série de microréformes couvrant les champs les plus divers, des transports à certaines professions juridiques et médicales, en passant par les règles du travail nocturne et dominical, et l'investissement dans les start-up. Le ministre lui-même se garde de chiffrer point par point les effets attendus, espérant sans doute que, par accumulation, il y ait des effets positifs pour l'ensemble de l'économie. Les propositions avancées correspondent dans l'ensemble aux recommandations qui sont formulées depuis des années par des institutions comme l'OCDE ou la Commission.
Le plus souvent, c'est le bon sens économique qui parle. Qui s'en plaindrait... hormis ceux qui précisément sont les bénéficiaires de ces rentes.
Un secteur est toutefois prudemment mis à l'abri de l'ouverture à la concurrence et de la lutte contre les corporatismes, c'est l'État lui-même. On nous dira sans doute qu'on ne peut être à la fois juge et partie ! C'est là tout le problème de la stratégie du gouvernement qui fait (ou veut faire) beaucoup pour améliorer le fonctionnement du secteur privé, mais ne s'attaque pas sérieusement au poids et au rôle de l'État.
L'autre pièce manquante du dispositif de modernisation touche au marché du travail.
Plus que l'absence de concurrence sur les marchés de biens et services, c'est la réglementation du marché du travail qui handicape l'économie française. D'après l'enquête du World Economic Forum, il s'agit du facteur principal bridant l'activité. Le nouveau lauréat du prix Nobel, le Français Jean Tirole, a aussi eu des mots assez durs sur le sujet récemment. Il est vrai que dès 2003, il avait produit un rapport (avec Olivier Blanchard, le chef économiste du FMI) sur le sujet. Il suffirait peut-être de s'en inspirer pour améliorer la flexibilité de l'économie française.
Économie
Vive la concurrence !
OLJ / le 17 octobre 2014 à 01h38


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