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Liban - Commémoration

Le PNL se remémore Dany Chamoun : ne pas oublier les crimes du régime syrien au Liban

Il y a 24 ans, Dany Chamoun, sa femme Ingrid et leurs enfants Tarek et Julian étaient assassinés de sang-froid à Baabda. À quelques pas du lieu du meurtre, le PNL leur a rendu hommage samedi.

« Si Dany était encore vivant, il aurait sûrement aimé voir le 8 Mars parmi nous », a affirmé Dory Chamoun, devant un parterre de personnalités politiques et de partisans du PNL. Photos Ibrahim Tawil

Octobre revient chaque année morose. Et à Beyrouth, le temps d'automne n'y est pour rien. Car le mois d'octobre est surtout porteur de souvenirs. Des souvenirs difficiles souvent, surtout lorsqu'il s'agit de ce triste octobre de l'année 1990, qui a marqué la fin d'une ère, entre rêves déchus et désillusions. Et parmi les pages tristes de cette période, l'assassinat de Dany Chamoun, de sa femme Ingrid et de leurs deux enfants le 21 octobre 1990 résume à lui seul l'ampleur du complot ourdi alors contre le Liban pour saper tous les efforts déployés en faveur de la construction d'un État fort et souverain, celui-là même dont avaient rêvé Riad el-Solh, Béchir Gemayel et René Moawad.
Samedi, le Parti national libéral (PNL) a célébré le 24e anniversaire de l'assassinat de Dany, d'Ingrid, de Tarek et de Julian à l'École antonine de Baabda afin de renouveler son pacte de fidélité à l'ancien leader tué de façon barbare, quelques jours seulement après le départ précipité du palais présidentiel du général Michel Aoun, qui s'était réfugié à l'ambassade de France, peu avant l'entrée des forces syriennes.
En présence d'une foule de partisans, de figures politiques et médiatiques, des leaders représentant les différentes communautés libanaises se sont succédé à la tribune pour rendre hommage aux victimes. Au premier rang, le ministre Akram Chehayeb représentant le Premier ministre Tammam Salam, le député Atef Majdalani représentant l'ancien Premier ministre Saad Hariri, l'ancienne ministre Mona Afeiche représentant l'ancien président Michel Sleiman, le ministre Alain Hakim représentant le président des Kataëb Amine Gemayel, le député Fady Karam représentant le chef des Forces libanaises Samir Geagea, les députés Samy et Nadim Gemayel, le chef du PNL Dory Chamoun et, près de lui, Tamara Chamoun, la fille de Dany qui a survécu par miracle au massacre.

Rifi : Un tigre courageux
La cérémonie a débuté par une brève allocution du directeur de l'institut antonin, le père Georges Sadaka, qui a prié « pour les martyrs de la résistance libanaise qui se sont sacrifiés, à l'exemple du Christ ». « Nous traversons une crise difficile où certains tentent de paralyser les institutions de l'État et saboter la présidentielle, a-t-il déclaré. Que certains de nos députés se souviennent du comportement de leurs prédécesseurs qui étaient autrefois de vrais représentants du peuple et qui élisaient un président sous une pluie d'obus. Leur amour pour la patrie était au-dessus de tout intérêt. Que Dieu les guide vers le bon chemin et qu'Il protège notre terre de ceux qui la laissent à la merci de la guerre des autres, tantôt sous prétexte de la prévention du danger, tantôt sous prétexte de la défense de la religion. »
De son côté, le ministre de la Justice, Achraf Rifi, a rendu un vibrant hommage à Dany Chamoun et sa famille. « Au cours de ma mission au sein des FSI, je le voyais souvent, a-t-il raconté. Toujours souriant, courageux, franc et fort. Jamais il ne s'est dérobé à une échéance et il a défendu sa cause jusqu'à la mort, jusqu'à ce qu'il soit assassiné par ceux qui ont voulu tuer le Liban et qui ont échoué. Ceux-là mêmes qui essaient aujourd'hui d'entraîner la Syrie vers le chaos et la mort. Dany Chamoun était un tigre courageux, mort dans une tentative odieuse du régime syrien de mettre la main sur le Liban. »
« Ces deux pays vivent une phase difficile actuellement, car ce régime criminel ne s'est pas suffi de tous les crimes odieux qu'il a commis au Liban à travers des décennies. Il détruit aujourd'hui la Syrie et enflamme la région à travers son plan qui consiste à jouer sur les contradictions confessionnelles. En contrant une révolution pacifique, le régime a permis à des organisations terroristes de grandir au milieu d'un silence international honteux. Nous faisons face aujourd'hui à deux genres de terrorisme que nous devons refuser simultanément, deux terrorismes qui ne connaissent ni droits de l'homme, ni frontières, ni valeurs humaines. Mais l'histoire nous apprend que tous ceux qui ont comploté contre le Liban échoueront. Nous avons longtemps mis en garde le Hezbollah contre son ingérence en Syrie, mais il ne s'en soucie pas. Il assume maintenant la responsabilité de ses actes même s'il n'a jamais été maître de ses décisions. Qu'il se retire de Syrie et qu'il laisse à l'armée le soin de sécuriser nos frontières. Il est regrettable qu'un mini-État prétende assurer la protection de l'État », a poursuivi Achraf Rifi.

Le refus de l'alliance des minorités
Sous un portrait géant de Dany Chamoun et de sa famille, l'ancien ministre Ibrahim Chamseddine a ensuite estimé que la famille du martyr avait le droit de se venger par le sang, mais qu'elle a préféré le pardon « car la vengeance et la haine ne construisent pas un État ».
« C'est ce que Mohammad Mehdi Chamseddine n'a cessé de répéter aux Irakiens, leur assurant que leur haine contre Saddam Hussein ne permettra pas la mise en place d'un État pour tous les Irakiens, ni chiite ni religieux. Aujourd'hui, l'Irak a besoin d'une coalition interne plus qu'externe, et, au Liban, il est temps de fermer la porte face aux ennemis en faisant prévaloir la formule "terre-peuple-État", et cette terre ne peut être protégée que par l'armée libanaise. Ceux qui pensent ne pas avoir besoin de l'armée aujourd'hui auront besoin d'elle bientôt », a-t-il ajouté.
Pour sa part, le ministre Akram Chehayeb, membre de la Rencontre démocratique, a déploré l'assassinat d' « un homme qui s'élevait au-dessus des divisions politiques face au danger national », appelant à l'élection d'un président et à faciliter la libération des militaires otages par l'échange contre des islamistes.
La cérémonie s'est poursuivie par une allocution du président de l'organisation estudiantine au sein du PNL Simon Dergham, qui a assuré que les jeunes du parti prennent pour exemple « la transparence et l'honnêteté de Dory Chamoun », refusant « l'extrémisme venu des prisons syriennes et l'isolement derrière la peur de l'extinction ». Des affirmations reprises par le responsable des médias au sein du parti, Émile al-Eliyyeh, avant que Dory Chamoun ne clôture la commémoration.
« Si Dany était encore vivant, il aurait sûrement aimé voir le 8 Mars parmi nous, avec ses leaders ayant renoncé à leurs rêves fous qui sont en fait des cauchemars pour le Liban, a affirmé le chef du PNL. Qu'ils arrêtent de rêver du pouvoir et qu'ils mettent un terme à leurs rêves perses. Qu'ils s'unissent avec nous avec le même sens d'appartenance à la République libanaise. » Et de conclure : « Ils promettent de libérer la Syrie de je ne sais qui, mais il s'est avéré qu'ils ne sont même pas capables de libérer Brital. Ils ont tenté de camoufler leur échec par une manœuvre qui aurait pu nous coûter cher au Liban-Sud. Insensé est quiconque pourrait croire que la résistance islamique est capable de détruire Israël et de libérer le Golan. Qu'ils serrent leurs vis rouillées et qu'ils se dépêchent au Parlement pour élire un président ! »

Octobre revient chaque année morose. Et à Beyrouth, le temps d'automne n'y est pour rien. Car le mois d'octobre est surtout porteur de souvenirs. Des souvenirs difficiles souvent, surtout lorsqu'il s'agit de ce triste octobre de l'année 1990, qui a marqué la fin d'une ère, entre rêves déchus et désillusions. Et parmi les pages tristes de cette période, l'assassinat de Dany Chamoun, de sa femme Ingrid et de leurs deux enfants le 21 octobre 1990 résume à lui seul l'ampleur du complot ourdi alors contre le Liban pour saper tous les efforts déployés en faveur de la construction d'un État fort et souverain, celui-là même dont avaient rêvé Riad el-Solh, Béchir Gemayel et René Moawad.Samedi, le Parti national libéral (PNL) a célébré le 24e anniversaire de l'assassinat de Dany, d'Ingrid, de Tarek et de Julian à l'École...
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