Diaspora

L’église Saint-Julien-le-Pauvre à Paris rassemble les communautés melkites depuis le XIXe siècle

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L'archimandrite Charbel Maalouf donne actuellement une nouvelle impulsion à la vie de la communauté melkite en ce lieu historique que constitue l'église Saint-Julien-le-Pauvre.

13/10/2014

L'action engagée à Paris par les associations franco-libanaises depuis la recrudescence du mouvement d'émigration vers la France, suite à la guerre du Liban en 1975, tient compte principalement de ces nouveaux émigrants. Mais il existe aussi de nombreux descendants de Libanais dont les ancêtres sont venus dans ce pays il y a plus de cent ans. En effet, la majorité des émigrés libanais, depuis les années 1870, transitaient par le port de Marseille, et nombreux sont ceux qui décidaient de ne pas continuer leur voyage et de s'installer en France. Aujourd'hui, nous trouvons des milliers de Français ayant des origines libanaises et ne connaissant pas le Liban, malgré la proximité de ce pays. Une visite à l'église Saint-Julien-le-Pauvre, à Paris, nous a permis d'en savoir plus à ce sujet.

Les ruines d'une église du VIe siècle
Située entre l'église Saint-Séverin et l'église Notre-Dame de Paris, près de la Seine, l'actuelle église Saint-Julien-le-Pauvre est un lieu de culte privilégié. C'est l'une des plus anciennes de Paris : sa construction a commencé vers 1170 et s'est achevée vers 1250, sur les ruines d'une église du VIe siècle dévastée par les Normands en 886. C'était un prieuré dépendant de l'abbaye de Longpont. Dédiée à saint Julien Martyr puis à saint Julien dit « le Pauvre », évêque du Mans, elle fut le siège des assemblées de l'Université de Paris à ses débuts, avant l'essor des collèges de la montagne Sainte-Geneviève. En 1655, elle a été cédée à l'Hôtel-Dieu, alors installé sur les deux rives de la Seine. Déclarée bien national à la Révolution, l'église devait être utilisée, en 1790, comme magasin à sel.
Rendue au culte en 1826, elle est affectée depuis 1889 au culte catholique grec du rite melkite. C'est dire l'importance, à cette époque-là, de cette communauté venue du Liban et de Syrie qui, il y a 125 ans, commençait à se regrouper au cœur de Paris et servait de relais entre l'Orient et l'Occident. Souvent, les jeunes émigrés prenaient des épouses françaises avant de poursuivre leur chemin vers le Brésil en particulier, appelés par leurs cousins qui voyaient dans leur nouveau pays d'accueil une stabilité sans égale, alors que l'Europe était secouée par les guerres mondiales.
Aujourd'hui, le jeune curé de Saint-Julien-le-Pauvre, l'archimandrite Charbel Maalouf, donne une nouvelle impulsion à la vie de la communauté en ce lieu historique. Le catéchisme ainsi que des cours de langue arabe sont dispensés aux jeunes paroissiens, et la célèbre chorale, dirigée par le père Joseph Fahmé depuis de longues années, est ouverte à tous. Les chants byzantins, en grec, arabe et français, caractérisent l'office du dimanche célébré en cette église, qui attire de nombreux Français ainsi que les touristes de passage. À droite du portail de l'église subsiste un ancien puits qui était situé à l'intérieur de Saint-Julien-le-Pauvre avant la démolition, en 1675, de la façade d'entrée. Le puits, qui a conservé sa margelle de pierre et sa grille, daterait du XIIe siècle.

L'un des plus vieux arbres de Paris
La visite ne saurait se terminer sans un passage obligé par le jardin attenant, le square René Viviani, source d'inspiration. Il porte le nom d'un ministre, député et journaliste français qui vécut de 1863 à 1925. Il a été ouvert au public en 1928. Il occupait l'emplacement de l'annexe de l'Hôtel-Dieu et d'une rangée de maisons longeant la rue de la Bûcherie. Le conseiller municipal Léon Riotor et la Commission du vieux Paris ont particulièrement œuvré à sa création dans le but de préserver à la fois le dégagement de l'église Saint-Julien-le-Pauvre et la perspective de Notre-Dame.
Quelques éléments architecturaux, pinacles, chapiteaux et balustrades, qui proviennent sans doute de la cathédrale Notre-Dame, et un sarcophage contribuent au charme du square. Mais sa richesse réside avant tout dans la présence d'un arbre vénérable : le robinier, mesurant 15 mètres de hauteur et 3,50 mètres de circonférence, l'un des plus vieux arbres de Paris, dont le plant, pense-t-on, aurait été ramené d'Amérique par le botaniste Robin en 1601.
C'est dans ce jardin historique que se déroule tous les ans la traditionnelle « Hajmeh », célébrée par les fidèles de l'église Saint-Julien-le-Pauvre. Cet office de grand faste, qui annonce la résurrection du Christ, est perpétué par les communautés chrétiennes de rite byzantin à l'aube du dimanche de Pâques.

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