« Je n’ai pas l’impression de fêter mes 50 ans de scène. Je n’y pense pas. Je continue de chanter l’amour comme au premier jour, avec la même passion », affirme Mireille Mathieu, âgée de 68 ans. Kirill Kudryavtsev/AFP
Démodée pour les uns, indémodable pour les autres, Mireille Mathieu, l'éternelle « demoiselle d'Avignon », qui partage avec Charles Aznavour le statut d'ambassadeur de la chanson française, célèbre ses 50 ans de scène avec un best of et une tournée anniversaire. « Je n'ai pas l'impression de fêter mes 50 ans de scène. Je n'y pense pas. Je continue de chanter l'amour comme au premier jour, avec la même passion », affirme la chanteuse, âgée de 68 ans, qui sera à l'Olympia du 24 au 26 octobre.
Quelque 130 millions d'albums, 55 millions de singles, 1 200 chansons enregistrées en 11 langues dont le chinois et le finnois : depuis le 28 juin 1964, date à laquelle elle a remporté un concours de chant organisé par la mairie d'Avignon, sa vie s'écrit en chansons, même si sa carrière a marqué le pas depuis la disparition de son mentor en 1989, l'impresario et producteur Johnny Stark. « Il a cru en moi et m'a tout appris. Je lui dois tout », dit celle qui n'oublie pas « bien sûr le public qui m'a adoptée dès mon passage (en novembre 1965) au Jeu de la Chance, le célèbre télécrochet de Télé Dimanche ». Sur la seule chaîne de télévision de l'époque, son interprétation de Jezebel, l'un des grands succès d'Édith Piaf disparue deux ans plus tôt, fait mouche.
Aînée d'une famille modeste d'Avignon de 14 enfants, Mireille Mathieu a alors 19 ans. Un mois plus tard, en décembre 1965, elle chante pour la première fois sur la scène de l'Olympia, invitée du Sacha Show de Sacha Distel, avec l'Américaine Dionne Warwick en tête d'affiche. La « Demoiselle d'Avignon » ne cessera plus d'enchaîner les succès, conquérant les plus grandes scènes internationales jusqu'à devenir l'une des voix françaises les plus célèbres : Paris en colère, Une Histoire d'amour, Acropolis Adieu, La Paloma adieu, Mille Colombes, Une Femme amoureuse...
Un conte de fées...
Habile, son manager Johnny Stark la pousse à enregistrer en anglais, en allemand, en russe et même en japonais. Rapidement, la notoriété de Mireille Mathieu, symbole d'une chanson française immuable, lui permet d'enregistrer de nombreux duos avec Tom Jones, Dean Martin, Paul Anka, Burt Bacharach ou Julio Iglesias.
« Ce conte de fées avec le public dure depuis 50 ans. Ma voix et mon histoire ont touché les gens. Je remercie Dieu pour ce don. Je suis très croyante. Je prie tous les jours. Ce qui me touche le plus, ce sont les fans étrangers qui me disent qu'ils apprennent le français à travers mes chansons », dit-elle. « Je sais que certains disent que je suis ringarde. Cela veut dire quoi exactement ? Je suis là depuis 50 ans et le public m'est toujours fidèle. Est-ce mon public qui est ringard ? Cet amour est la plus belle des récompenses », poursuit la chanteuse.
Depuis la disparition de Johnny Stark, la chanteuse gère sa carrière seule, avec sa sœur Matite. Leur mère, Marcelle, bientôt 93 ans, est encore de tous les concerts, presque aussi célèbre que sa fille. Mireille Mathieu reste très sollicitée à l'étranger, notamment en Allemagne, dans les pays baltes et en Russie, mais ne s'est pas produite en tournée française depuis 2005. Son jubilé va être l'occasion, après les trois soirées à l'Olympia à Paris, d'enchaîner sur une dizaine de concerts, de Lille à Avignon, avant une nouvelle tournée internationale.
« Plus j'avance dans ce métier, plus j'ai peur et plus je doute. J'ai toujours le trac, mais être sur scène est jubilatoire. Avec le public, c'est toujours un moment exceptionnel de partage », dit-elle.
Pour ses 50 ans de carrière, Mireille Mathieu revient aussi dans les bacs avec un triple CD best of, Une vie d'amour (Sony), incluant huit chansons nouvelles. Parmi ces inédits figure Ce n'est rien, titre très pop qui tranche résolument avec son répertoire, et que lui a concocté l'auteur-compositeur Ycare, révélé par Nouvelle star, le télécrochet de M6.
(Source : AFP)


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