Jules Bianchi, jeune coureur de Formule 1 français victime d'une violente sortie de piste lors du Grand prix du Japon, se bat désormais pour sa vie. Archives REUTERS/Yuya Shino
Le Français Jules Bianchi (Marussia), 25 ans, victime d'une sortie de piste dans les derniers tours du Grand Prix du Japon de formule 1, se battait pour sa vie dimanche soir dans un hôpital près de Suzuka.
Le pilote français, inconscient, était encore dans son cockpit, le casque enlevé, quand les sauveteurs lui ont appliqué pour la première fois un masque à oxygène, puis il est parti en ambulance vers l'hôpital de Yokkaichi où il a été opéré d'urgence pour réduire "un hématome à la tête", a indiqué son père Philippe.
A 23h00, l'opération était terminée mais il ne fallait pas attendre de nouvelles à brève échéance, son père évoquant un délai de "24 heures pour en savoir plus", soit pas avant lundi soir au Japon.
Car Bianchi, dont la Marussia est partie en glisse au 43e des 53 tours prévus, a tapé très fort. Mais au lieu de terminer sa course contre un mur de pneus, il a rencontré l'arrière d'un engin de levage présent temporairement entre deux rails de sécurité pour évacuer la Sauber d'Adrian Sutil, sortie auparavant.
Le pilote français "a perdu le contrôle de sa voiture qui a traversé la zone de dégagement et heurté l'arrière du tracteur", a précisé la FIA, puis le pilote a été sorti de sa voiture par une "équipe d'extraction".
C'est cette violente sortie de piste de Bianchi qui a provoqué la dernière sortie de la voiture de sécurité, au 44e tour, interrompant définitivement une course remportée par le Britannique Lewis Hamilton sur Mercedes.
Hamilton va prier pour Bianchi
Quand Bianchi est sorti de la piste, un tour après Sutil, dans le virage 7 baptisé "courbe Dunlop", les voitures étaient encore en course, au 43e tour, sur une piste de plus en plus glissante car la pluie avait repris.
Je ne veux faire aucun commentaire", a déclaré Sutil, indemne mais visiblement secoué, à son retour dans le paddock. Aucune image de l'accident de Bianchi, sur une piste détrempée, n'a été diffusée par les écrans de contrôle sur le circuit de Suzuka.
Sa sortie de piste est due pour l'essentiel au fait qu'il disposait à ce moment-là de pneus intermédiaires montés au 24e tour et probablement très usés, sur une piste où la pluie venait de redoubler. Il allait sûrement repasser au stand pour remettre des pneus pluie, mais n'a pas eu le temps de finir son 43e tour.
Autre facteur aggravant, la visibilité, très mauvaise à cet endroit-là du circuit, le virage numéro 7, alors que la nuit tombait et que les flaques d'eau étaient difficiles à détecter, selon les explications données dimanche soir par Adrian Sutil, le pilote allemand de Sauber, sorti au même endroit un tour plus tôt.
Troisième facteur crucial, dû à la malchance pure, l'engin de levage qui se trouvait là.
C'est le même type de fatalité qui avait provoqué un autre accident horrible pour Marussia, celui de Maria de Villota, en juillet 2013 sur un aérodrome anglais. Sa monoplace, pour une raison inconnue, a tiré tout droit, sans freiner, et a fini sa course contre le plateau arrière d'un camion de l'écurie. La pilote d'essai espagnole a perdu un oeil puis est décédée trois mois plus tard, probablement des suites de ses blessures.
Dès la fin de la course, sur le podium, Hamilton, très croyant, a indiqué que "toutes ses prières allaient vers Bianchi et sa famille". Et plusieurs pilotes se sont rendus aussitôt à l'hôpital de Yokkaichi: parmi eux, le Brésilien Felipe Massa, l'Espagnol Fernando Alonso, le Vénézuélien Pastor Maldonado et le Français Jean-Eric Vergne, arrivé 9e du GP de Suzuka.
Le Team Principal de la Scuderia Ferrari, Marco Mattiacci, est lui aussi allé à l'hôpital, car Bianchi fait partie depuis 2009 de la filière de pilotes Ferrari. "Je suis prêt à piloter pour Ferrari si l'occasion se présente", disait Bianchi jeudi, en toute modestie, après deux saisons bien remplies à faire la preuve de tout son talent au volant d'une modeste Marussia. Il se bat désormais pour sa vie.
Pour mémoire
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Le pilote français, inconscient, était encore dans son cockpit, le casque enlevé, quand les sauveteurs lui ont appliqué pour la première fois un masque à oxygène, puis il est parti en ambulance vers l'hôpital de Yokkaichi où il a été opéré d'urgence pour réduire "un hématome à la tête", a indiqué son père Philippe.A 23h00, l'opération était terminée mais il ne fallait pas attendre de nouvelles à brève échéance, son père évoquant un délai de "24 heures pour en savoir plus", soit pas avant lundi soir au Japon.Car Bianchi, dont la Marussia est partie en glisse au 43e des 53 tours prévus, a tapé très...


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