Les nouvelles sécuritaires régionales et locales ne sont guère réjouissantes. Dans de telles conditions, le marché immobilier à Beyrouth s'est subitement contracté. Le contexte économique et politique n'est pas favorable à une quelconque amélioration du secteur à court terme. C'est logique et sans surprise.
Tout le monde s'accorde à dire que le marché est au ralenti, mais il n'est pas à l'arrêt. Il y a toujours des transactions et des locations. Certains propriétaires ont profité de l'été pour louer leur appartement. Les plus chanceux ont contracté avec des diplomates qui sont de « bons clients » avec des budgets substantiels de 3 000 à 5 000 dollars par mois.
Même si cela représente des volumes limités par rapport au stock disponible, les ventes d'appartements neufs se poursuivent.
Les acheteurs et les promoteurs montrent une résilience à toute épreuve. Faisant fi de la dégradation sécuritaire, certains continuent d'acheter et de chercher le produit idéal.
Dans un contexte militaire qui peut se dégrader d'un moment à l'autre, beaucoup d'acquéreurs veulent profiter de la situation pour imposer leur condition aux vendeurs afin d'avoir un « bon » prix. Leur logique est simple : il faut acheter quand les nouvelles sont mauvaises. Naturellement, il y a un risque. Toutefois, pour certains, c'est quand ça va mal que les meilleures affaires se font.
Si la majorité des vendeurs n'est pas flexible, il y a toujours quelqu'un qui ne veut plus s'accrocher à son prix et cherche à liquider son bien pour des raisons personnelles. Les bonnes affaires existent.
Parallèlement, les promoteurs ne s'arrêtent pas de travailler. Les plus expérimentés et les moins touchés par la crise du marché depuis deux ans continuent de lancer de nouveaux projets en espérant des jours meilleurs. Convaincus que leurs produits répondent à une demande, ils ont conscience que le secteur traverse un cycle qui, à moyen terme, ne sera pas éternellement morose. Ainsi, de nouveaux projets immobiliers résidentiels ou d'affaires sont lancés chaque semaine. La mode des complexes résidentiels en périphérie de la capitale ne s'essouffle pas. Idem pour les projets de bureaux qui se multiplient dans la première couronne de Beyrouth, de Sin el-Fil à Dbayé.
Par ailleurs, les investisseurs n'ont pas quitté le marché et sont toujours demandeurs d'un placement rentable. S'ils sont proches d'un promoteur, ils peuvent s'associer à lui en achetant des appartements à prix cassés. D'autres achètent de petites surfaces résidentielles inférieures à 100 m2 qu'ils mettent ensuite sur le marché locatif avec un rendement annuel de 4 à 6 % dans certains cas.
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