Il faut dire bravo aux Écossais, au Parti national écossais (PNÉ) et au Premier ministre démissionnaire Alex Salmond. Avec environ 45 % des suffrages, le Oui a perdu une bataille mais pas la guerre.
Comme le non l'a emporté, un second référendum pourrait se tenir d'ici à quelques années. Pourquoi ? Londres a promis des changements, qui doivent se traduire par un renforcement de l'autonomie dévolue à l'Écosse. Or si le palais de Westminster se défile, le PNÉ en tirera la seule conclusion qui s'impose. Il laissera quelques années à Londres pour s'exécuter et se présentera aux élections de 2019 en lançant que les Cameron et consorts se sont joués des Écossais et que l'indépendance est nécessaire plus que jamais.
La situation ressemblera fort à celle vécue au Québec, où un premier référendum s'est tenu en 1980 et un second en 1995. On se souviendra que le Premier ministre canadien Pierre Elliott Trudeau avait promis plus d'autonomie au Québec si le non l'emportait en 1980. Nous savons comment cela s'est terminé : une nouvelle Constitution à laquelle n'a pas adhéré le Québec.
Cela dit, si les Écossais avaient eu à se prononcer sur une question ressemblant à celle posée aux Québécois en 1995 (« Acceptez-vous que le Québec devienne souverain, après avoir offert formellement au Canada un nouveau partenariat économique et politique, dans le cadre du projet de loi sur l'avenir du Québec et de l'entente signée le 12 juin 1995 ? »), le oui aurait probablement franchi le cap des 50 % jeudi dernier. Mais Londres, évidemment, n'en a pas voulu.
En 1995, si les Québécois avaient eu à se prononcer sur une question ressemblant à celle posée aux Écossais le 18 septembre (« L'Écosse doit-elle être un pays indépendant ? »),
le oui n'aurait pas obtenu 45 % des voix. Conclusion : il faudra travailler fort et longtemps pour faire l'indépendance au Québec.
Sylvio Le BLANC
Montréal (Québec)


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef