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Nos lecteurs ont la parole - Dolly Talhamé

Frères amis, voisins ennemis ?

La polémique engendréée par la présence des réfugiés syriens au Liban résulte de plusieurs situations. Nous avons certes connu une Syrie fraternelle comme le dit Sally el-Khatib dans sa lettre à L'Orient-Le Jour (mardi 16 septembre 2014) lors de notre longue guerre et lors de l'invasion israélienne, Maints Libanais ont traversé la frontière pour fuir les bombardements de l'armée israélienne. Et avant cela, lors des litiges entre frères libanais. Mais il faut aussi comparer les proportions et conditions dans lesquelles sont partis et revenus les Libanais .En premier les réfugiés libanais en Syrie, un pays de loin plus vaste et plus riche que le Liban, n'ont constitué qu'un faible pourcentage par rapport à la population syrienne. De plus, le Libanais n'a jamais pu entrer en Syrie dans sa propre voiture ou autre moyen de locomotion qui ne soit agréé par les autorités syriennes, ni travailler sans au préalable avoir postulé un permis. Il n'a jamais été autorisé à manifester son mécontentement, à porter une arme ou à agresser les personnes qui l'hébergeaient. Les Libanais en Syrie ne se sont pas installés ni n'ont pollué des régions entières, comme cela se passe ces temps-ci dans la Békaa ou au Liban-Sud, où campent les réfugiés. L'eau et l'électricité manquent chez nous sans le million et demi de consommateurs supplémentaires qui sont venus s'y ajouter.
Même s'ils n'ont pas oublié le Syrien qui a envahi et occupé de longues années durant leur terre, beaucoup de Libanais, pour des raisons humanitaires, éprouvent un serrement de cœur à la vue des conditions misérables dans lesquelles sont parqués des mères et leurs enfants, je crois que beaucoup aussi pensent comme moi que ce n'est pas le réfugié syrien lui-même qui l'importune, mais la « faouda » qui prévaut dans notre pays ouvert à tout vent et le manque de cohésion dans l'attitude gouvernementale vis-à-vis du réfugié, l'absence de toute distinction entre ce qui est le droit d'un citoyen et celui du demandeur d'asile. C'est aussi l'attitude des organismes internationaux censés se pencher sur le problème des réfugiés en évitant d'en faire porter le poids à un pays déjà submergé par ses propres problèmes.
Pourquoi le malade libanais se voit-il refuser un lit dans un hôpital ? Pourquoi un enfant libanais ne trouve-t-il pas une place à l'école ? Pourquoi le conducteur libanais doit-il subir sur les routes des chauffards qui n'ont de comptes à rendre à qui que ce soit ?
Pourquoi un réfugié peut-il porter des armes ? Et qui lui a donné le droit d'envahir les routes, comme cela s'est vu lors de la présidentielle syrienne ?
Non, nous ne manquons pas d'empathie ni d'esprit charitable, mais nous voulons préserver nos droits, d'abord parce que, comme dit le proverbe, il n y a que le provisoire qui dure et que ce provisoire-là s'annonce durable.

La polémique engendréée par la présence des réfugiés syriens au Liban résulte de plusieurs situations. Nous avons certes connu une Syrie fraternelle comme le dit Sally el-Khatib dans sa lettre à L'Orient-Le Jour (mardi 16 septembre 2014) lors de notre longue guerre et lors de l'invasion israélienne, Maints Libanais ont traversé la frontière pour fuir les bombardements de l'armée israélienne. Et avant cela, lors des litiges entre frères libanais. Mais il faut aussi comparer les proportions et conditions dans lesquelles sont partis et revenus les Libanais .En premier les réfugiés libanais en Syrie, un pays de loin plus vaste et plus riche que le Liban, n'ont constitué qu'un faible pourcentage par rapport à la population syrienne. De plus, le Libanais n'a jamais pu entrer en Syrie dans sa propre voiture ou autre moyen de...
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