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Nos lecteurs ont la parole - Abdel Hamid El-Ahdab

Le problème de l’islam...

Pour que Daech et ses sœurs soient parvenus à ce niveau d'évolution militaire, il ne fait pas de doute qu'une faillite intellectuelle et culturelle totale s'est perpétuée au cours des décennies qui ont suivi les indépendances, les despotes qui se sont succédé ayant vidé les esprits des Arabes de toute richesse intellectuelle et culturelle afin qu'ils demeurent sous leur joug. Cette faillite religieuse est aussi l'expression de la naïveté intellectuelle qui s'est enracinée dans les esprits et qui a fait que la religion musulmane, sa pensée et ses symboles, que nous avons connus lors des beaux jours de l'islam, se sont évanouis.
Des institutions telles qu'al-Azhar bougent, mais timidement, et hésitent encore !
Tout ce retard intellectuel, qui n'est pas le fait de la religion, a empêché la pensée religieuse de faire face au danger du kidnapping de l'islam par une autre « religion ». L'islam signifie à présent violence, sang, destruction, et la législation d'Allah ne signifie plus qu'égorgement, mutilation et lacérations.
En Arabie saoudite se sont fait entendre aujourd'hui un bruit et une colère qui m'étaient inconnus. On y parle de paresse, de silence coupable et de la nécessité d'y mettre fin.
Une fatwa avait été émise le 1/4/1421 (année de l'Hégire), sous le numéro 21 413, qui disait ce qui suit :
« ...Pour ces raisons, les ulémas ont été unanimes à interdire la construction de sanctuaires d'infidèles, tels que les églises, et à décider qu'en pays musulman, on ne peut réunir deux confessions dans l'un des pays de l'Islam... » (revue saoudienne al-Arab, numéro du 17/8/2014).
Mais il est dit, dans cette même revue, que la colère et le courroux du roi Abdallah ben Abdelaziz étaient visibles sur son visage lorsqu'il s'était adressé aux cheikhs assis autour de lui, en ce 1er août. « Je vous demande, avait-il dit, de vous débarrasser de la paresse qui vous envahit. J'observe en vous un silence, alors que vous avez l'ordre d'accomplir ce qui est votre devoir... »
L'écrivain saoudien et penseur musulman Turki ben Hamad a écrit dans cette même revue al-Arab (numéro du 17/8/2014) : « Notre problème réside en notre fiqh que nous avons hérité de l'un ou l'autre de ces premiers docteurs qui ont vécu leur vie et nous ont pourvus d'une "jurisprudence" pour laquelle nous les remercions et qui a généré des préceptes que nous avons sanctifiés, bien qu'ils se rapportent à ces anciens temps et à leurs problèmes. Mais ces préceptes ne sont pas applicables à notre époque. »
Il s'agit bien d'une crise de la pensée et non d'une crise de prise d'action.
Ce courant intellectuel saoudien – qui s'oppose aux enseignements du fiqh relatifs à un temps qui n'est pas le nôtre et qui a engendré des préceptes non applicables à notre époque – est le bienvenu et constitue le premier pas sur le chemin des mille miles...
C'est d'ici que nous commençons.
Cette pensée religieuse ainsi mise à jour bénéficie d'une attention particulière de la part du régime saoudien. Les avis qui l'expriment commencent à être publiés dans la presse saoudienne et le roi Abdallah ben Abdelaziz dit lui-même aux docteurs : « Vous êtes envahis par le silence et la paresse... »
C'est avec un tel esprit que l'on peut affronter Daech et ses sœurs. Il trouve sa source dans l'histoire musulmane elle-même. Omar ben al-Khattab avait refusé de prier à l'église du Saint-Sépulcre par crainte que les générations futures de musulmans ne prennent cette prière comme excuse pour transformer cette église en mosquée. Al-Farouq ne détruisit pas les églises mais accepta les conditions posées par les chrétiens de Jérusalem. Il ne permit pas la transformation des églises en mosquées et ordonna, entre autres, de payer une aide à un vieillard juif qui mendiait dans les souks de la ville afin de réunir le montant de la jizya qui lui était imposée. Il lui dit : « Par Dieu ! Il serait injuste qu'après avoir usé ta jeunesse –
en te faisant payer la jizya –
nous te négligions dans ta vieillesse. » C'est aussi le même Omar qui donna au copte égyptien la possibilité de se venger d'Ibn Amrou ben el-Aassi, émir et wali d'Égypte, lorsque celui-ci le frappa pour avoir laissé sa monture dépasser celle d'Ibn al-Akramin. Faut-il rappeler enfin que lors de son entrée à Jérusalem en conquérant, Salaheddine al-Ayoubi ne détruisit pas les églises, ne tua pas les chrétiens et ne les exila aucunement, mais les protégea et les entoura de prévenance. C'est avec cet esprit et avec ce discours religieux que nous devons répondre à Daech et à ses sœurs.
L'islam est la religion de la liberté. La liste de ses interdits est mince, la règle étant la liberté et celle-ci n'a de limites que celles édictées en matière d'interdictions et d'empêchements. Elles se comptent sur les doigts d'une seule main. La règle est bien de permettre, mais l'islam est à présent l'otage de bandes takfiristes qui ont étouffé sa tolérance et ses valeurs suprêmes. Le bon Dieu dit pourtant dans le Coran : « Ô vous, les hommes ! Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle. Nous vous avons constitués en peuples et en tribus pour que vous vous connaissiez entre vous. Le plus noble d'entre vous, auprès de Dieu, est le plus pieux d'entre vous – Dieu est celui qui sait et qui est bien informé – » (sourate des Appartements privés 13).
Le problème de l'islam est que les docteurs du fiqh veulent le faire vivre dans le passé révolu et faire imposer des préceptes qui ne sont plus applicables.
Comme l'a si bien dit le roi Abdallah ben Abdelaziz et comme le répètent à présent les intellectuels saoudiens, les musulmans doivent en finir avec la paresse et le silence.
Tel est le défi.
Il faut le relever pour que les musulmans ne perdent pas leur religion.

Abdel Hamid EL-AHDAB
Avocat

Pour que Daech et ses sœurs soient parvenus à ce niveau d'évolution militaire, il ne fait pas de doute qu'une faillite intellectuelle et culturelle totale s'est perpétuée au cours des décennies qui ont suivi les indépendances, les despotes qui se sont succédé ayant vidé les esprits des Arabes de toute richesse intellectuelle et culturelle afin qu'ils demeurent sous leur joug. Cette faillite religieuse est aussi l'expression de la naïveté intellectuelle qui s'est enracinée dans les esprits et qui a fait que la religion musulmane, sa pensée et ses symboles, que nous avons connus lors des beaux jours de l'islam, se sont évanouis.Des institutions telles qu'al-Azhar bougent, mais timidement, et hésitent encore !Tout ce retard intellectuel, qui n'est pas le fait de la religion, a empêché la pensée religieuse de faire face au...
commentaires (2)

SUPERBE MONSIEUR ABDEL HAMID EL AHDAB ! QUE VOTRE VOIX ARRIVE MAIS TOUCHE AUSSI LES OREILLES DES SOURDS ET OUVRE LES YEUX DES AVEUGLES ET LES BOUCHES DES MUETS !!!

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

09 h 22, le 09 septembre 2014

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Commentaires (2)

  • SUPERBE MONSIEUR ABDEL HAMID EL AHDAB ! QUE VOTRE VOIX ARRIVE MAIS TOUCHE AUSSI LES OREILLES DES SOURDS ET OUVRE LES YEUX DES AVEUGLES ET LES BOUCHES DES MUETS !!!

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    09 h 22, le 09 septembre 2014

  • L’entrée de l’idée dans le monde est marquée par les cris de ses ennemis qui trahissent 1 vraie contagion interne, par les appels sauvages de détresse qu’ils lancent contre l’incendie allumé par ces idées. Ces cris de ses ennemis, ont pour l’idée nouvelle, la même importance que le premier cri d’un enfant à l’oreille inquiète de la mère. C’est le cri qui lui annonce que ses idées sont vivantes, qu’elles ont fait éclater la carapace sans défaut d'hiéroglyphes que formait le système, et qu’elles se sont métamorphosées en vrais citoyens du monde. Les "Trois Mages", qui annoncent au monde à grand fracas "la naissance du fils d’un dieu", se tournent tout d’abord contre la partie sectaire des théologies ; parce que c’est sur ce côté sentimental du public que l’instinct inquisiteur sait, avec le plus de sûreté, trouver appui ; aussi parce que la populace, dont font partie aussi les adversaires des idées, ne peut attendre la sphère idéale de l’idée que par des bonnes antennes idéales et que l’unique cercle d’idées à la valeur duquel la populace croit presque autant qu’aux systèmes des besoins réels, est le petit cercle des idées sectaires. Enfin, parce que tous les sectarismes ne polémiquent pas contre tel système déterminé des idées, mais contre l’idée en général des systèmes déterminés. L’idée éhhh vraie du présent, ne connait pas 1 sort différend de celui des idées vraies du passé. Ce destin est, au contraire, une preuve dont l’histoire était redevable à sa vérité.

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    08 h 33, le 09 septembre 2014

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