La cellule ministérielle de crise chargée d'étudier le dossier des soldats libanais enlevés par des jihadistes de l'État islamique (EI, ex-Daech) s'est réunie hier sous la présidence du Premier ministre Tammam Salam.
Les participants à la réunion, dont les ministres de la Défense, de la Justice et de l'Intérieur, ont décidé de poursuivre leurs contacts avec les responsables politiques et sécuritaires en vue de trouver une issue à cette affaire. Ils ont examiné les revendications des groupes jihadistes qui leur sont parvenues par le biais du médiateur. La réunion a fourni l'occasion aux responsables présents de présenter leurs condoléances à la famille Medlej à la suite de la mort violente de leur fils, Abbas, aux mains des jihadistes. Ils lui ont rendu en outre un vibrant hommage pour son attitude « patriotique », et pour avoir transcendé sa douleur et appelé au calme.
« Le Liban ne sera pas vaincu par les défis, notamment par la vague de terrorisme qui déferle sur lui », a déclaré M. Salam, insistant sur l'importance de la solidarité entre les Libanais et leur cohésion pour faire face à la tragédie des otages militaires.
« Le drame des otages est notre souci principal et constitue une priorité absolue », a encore dit le chef du gouvernement.
Les membres de la cellule de crise rencontreront aujourd'hui, mardi, les familles des otages qui boycottent depuis plusieurs jours ces réunions, ayant perdu espoir dans les canaux officiels, comme elles l'ont déjà exprimé à plus d'une reprise.
Samedi et dimanche, les réactions de mécontentement se sont poursuivies dans plusieurs régions dont sont originaires les militaires : routes coupées et déclarations exprimant le désarroi se sont succédé à un rythme continu.
« Nos martyrs tombent l'un après l'autre, et les protecteurs de la nation sont décapités au su et au vu du monde entier, y compris du gouvernement (...). Jusqu'à quand devons-nous rester silencieux ? » s'est demandé le président de l'Union des moukhtars du Akkar, qui a accusé les responsables politiques d'être « dans le coma le plus total ».
Par ailleurs, l'épouse de Ziad Omar, l'un des otages, a tenu samedi une conférence de presse au cours de laquelle elle a affirmé avoir été contactée par téléphone par son mari qui lui a demandé, en son nom et au nom des autres otages, de « s'adresser au peuple libanais pour le presser de réclamer le retrait du Hezbollah de Syrie ».
« Je m'adresse aux sunnites, aux chiites et aux druzes : pourquoi devons-nous assumer la responsabilité du fait qu'une partie des Libanais n'ait pas voulu rendre les armes après Taëf ? » s'est demandé l'épouse, sollicitant l'État libanais pour qu'il œuvre à sauver son mari.
Craignant d'éventuelles répercussions suite à la décapitation du second otage, Abbas Medlej, plusieurs réfugiés syriens du camp de Rayak ont plié bagage hier afin de quitter les lieux.
Sur un autre plan, et suite à une rumeur qui a circulé sur la présence de personnes armées à Choueifate, le porte-parole de la municipalité, Jad Haïdar, a démenti l'information.
Dans le secteur de Qaa, toutefois, l'armée a été la cible de tirs en provenance de trois Syriens qui se trouvaient à moto. L'armée a riposté, blessant l'un d'entre eux et arrêtant un autre.
Liban
La cellule de crise examine les revendications des jihadistes pour la libération des otages
OLJ / le 08 septembre 2014 à 00h48


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