« Dès qu’on veut négocier, ils disent qu’ils tremblent. Au diable ! Allez trouver un endroit pour vous réchauffer. L’entente-phobie est une erreur », a déclaré le président iranien Hassan Rohani, soulevant les critiques de ses opposants. Photo AFP/Iranian Presidency Website
Les critiques se sont multipliés hier contre le président iranien Hassan Rohani pour avoir qualifié ses détracteurs de « froussards » et leur avoir dit d'aller « au diable », selon les médias iraniens.
Plusieurs dizaines de députés ont signé une lettre pour demander que M. Rohani vienne s'expliquer à huis clos devant le Parlement. Selon un député conservateur, ils seraient même 200 sur un total de 270 députés. « Certains crient des slogans, mais ce sont des froussards politiques », avait affirmé la veille le président, faisant référence aux ultraconservateurs qui critiquent les négociations nucléaires en affirmant que l'Iran a trop cédé face aux grandes puissances. « Dès qu'on veut négocier, ils disent qu'ils tremblent. Au diable ! Allez trouver un endroit pour vous réchauffer. L'entente-phobie est une erreur », a déclaré le président, ajoutant que l'Iran disposait des « meilleurs diplomates au monde » pour mener les négociations nucléaires avec les puissances du groupe 5+1 (États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne).
Selon un député, le président du Parlement Ali Larijani a affirmé lors d'une séance à huis clos que « les propos du président sont indéfendables et inacceptables ». Il a toutefois conseillé aux députés « de ne pas s'occuper de problèmes mineurs car les difficultés économiques du pays sont importantes », selon le même député. Le vice-président du Parlement, Hassan Aboutorabi, a affirmé que les « inquiétudes exprimées par certains » visent à ce que dans les négociations, on ne s'éloigne pas « des intérêts nationaux » et a demandé au président de ne pas « empêcher les critiques bienveillantes ».
« Le président était seulement direct », a réagi son conseiller pour les affaires culturelles, Hessameddine Ashna, cité par l'agence Isna.
(Source : AFP)

