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Liban

Le forcing politico-diplomatique pour favoriser l’élection présidentielle se poursuit

En tournée auprès de Michel Sleiman et Nabih Berry, Amine Gemayel a dénoncé « l’individualisme et les complexes personnels qui bloquent la présidentielle ».

La présidentielle revient en force sur le tapis et prend une double orientation, diplomatique et politique locale. Les événements de Ersal ont mis en relief la nécessité que le pays soit doté d'un chef de l'État, s'accorde-t-on à dire dans les milieux diplomatiques occidentaux et arabes, le gouvernement n'étant pas en mesure, seul, de gérer une situation aussi grave. « Le feu est aux portes », s'est ainsi alarmé un diplomate.
La valse diplomatique à laquelle on a assisté hier s'inscrit donc dans ce cadre, tout comme la tournée du président des Kataëb, Amine Gemayel, entre Amchit et Aïn el-Tiné.
L'ambassadeur des États-Unis, David Hale, a été reçu en fin de matinée par le chef du PSP, le député Walid Joumblatt, qui l'a retenu à déjeuner, en présence du ministre de la Santé, Waël Abou Faour. Il avait été reçu auparavant par le chef du bloc parlementaire du Futur, Fouad Siniora, en son bureau à la rue Bliss. Les deux entretiens ont porté sur les résultats des tractations en cours au sujet de la présidentielle. Le bilan n'est toujours pas positif, surtout après la rencontre Joumblatt-Aoun.
Le chef du PSP a essayé de rallier son hôte qui l'avait reçu mercredi à Rabieh à l'idée d'une entente interchrétienne sur un candidat consensuel, mais sans succès. De sources informées, le chef du CPL aurait affirmé qu'il est prêt à tout débat, mais a interrogé M. Joumblatt sur les raisons de l'opposition à sa candidature, affirmant qu'il se maintient à équidistance de tout le monde et qu'il est capable d'ouvrir et de maintenir des voies de communication avec toutes les parties. La conversation se serait arrêtée là et Walid Joumblatt serait ainsi rentré bredouille et avec la certitude que le général n'est pas prêt à lâcher du lest.
Il n'empêche que le leader druze reste déterminé à poursuivre sa mission de bons offices et sa tournée doit le conduire prochainement chez Samir Geagea, le leader des Forces libanaises. Mais là, il serait en train de prêcher un converti, M. Geagea ayant déjà affirmé qu'il est prêt à retirer sa candidature en cas d'une entente sur une personnalité consensuelle.
La veille, M. Joumblatt avait reçu à Clemenceau l'ambassadeur d'Arabie saoudite, Ali Awad Assiri, qui s'est rendu hier à Rabieh, dans le cadre de sa tournée d'adieux auprès des responsables politiques, à l'occasion de la fin de son mandat au Liban. Au menu des discussions, le danger takfiri, la situation dans la région et la présidentielle au Liban. Il est intéressant de noter que, bombardé de questions par les correspondants de presse au terme de son entretien avec le général Aoun, le diplomate a laissé entendre que son pays a honoré sa part du contrat dans l'affaire du don saoudien de trois milliards de dollars pour l'achat d'équipements et de matériels militaires français aux forces régulières libanaises. « Il faut maintenant que le vendeur et l'acquéreur ferment le dossier », a-t-il dit. Au journaliste qui lui demandait s'il s'agissait du gouvernement libanais, il a répondu non sans une pointe d'exaspération dans la voix : « Interrogez le gouvernement libanais, interrogez le commandant en chef de l'armée. »

Gemayel : La période la plus dangereuse depuis 1943
Pendant ce temps, le leader des Kataëb, Amine Gemayel, effectuait une tournée auprès de l'ancien président Michel Sleiman et du président de la Chambre, Nabih Berry. De sources informées, on indique que M. Gemayel, qui se positionne en tant que candidat consensuel, essaie à son tour de rapprocher les points de vue concernant la présidentielle et d'essayer de faire une percée dans la barrière qui bloque l'élection d'un successeur à Michel Sleiman. Cette élection devient urgente au vu de ce qui vient de se passer à Ersal et M. Gemayel a ainsi relevé dans ses déclarations à la presse que le Liban traverse « la période la plus dangereuse depuis 1943 ».
Selon lui, rien ne justifie aujourd'hui le blocage de la présidentielle surtout avec les dangers auxquels le Liban est exposé « qui doivent nous pousser à œuvrer pour rééquilibrer l'action des institutions constitutionnelles, à partir de l'élection d'un nouveau chef de l'État qui est l'interlocuteur légal, aux niveaux régional et international ».
M. Gemayel n'a pas manqué d'égratigner au passage le général Aoun, mais sans le nommer, en martelant un « que Dieu pardonne à ceux qui bloquent la présidentielle en cette période critique et excessivement dangereuse de l'histoire du Liban ». « Ces dirigeants ne réalisent pas suffisamment l'impact des événements de Ersal ou de Tripoli sur tout le pays. Nous restons plongés dans l'individualisme et les complexes personnels alors que le pays vit des moments difficiles », a-t-il déploré.

La présidentielle revient en force sur le tapis et prend une double orientation, diplomatique et politique locale. Les événements de Ersal ont mis en relief la nécessité que le pays soit doté d'un chef de l'État, s'accorde-t-on à dire dans les milieux diplomatiques occidentaux et arabes, le gouvernement n'étant pas en mesure, seul, de gérer une situation aussi grave. « Le feu est aux...
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