Rechercher
Rechercher

Nos lecteurs ont la parole - Père Nabil Mouannès

Appel aux consciences du monde

Le cri d'alarme fut lancé en 1974 au Liban pour tous les chrétiens du Moyen-Orient. Des milliers de chrétiens ont été tués depuis. Des centaines de régions et de villes ont été vidées et dévastées. Les chrétiens se retrouvent ainsi en exode dans leur propre pays. Ils ont été poussés jusqu'au précipice. Ils étaient confinés et terrorisés durant deux décennies. Depuis mon adolescence jusqu'à nos jours, leurs cris, leurs douleurs raisonnent dans ma conscience. «Les chrétiens à la mer, les chrétiens à l'exil, cette terre n'est plus à vous.» Toute ma jeunesse s'est déroulée dans ce conflit de conscience et dans cette crise d'« identité meurtrière », comme le dit si bien l'académicien Amin Maalouf. Le monde semble devenu sourd à leur extermination.
La surdité du monde face à cette tragédie me révolte. J'interpelle toutes les consciences qui se disent humanistes, religieuses, laïques, libérales voire anarchistes, universelles pour leur demander : combien d'années faut-il que perdure cette persécution des chrétiens au Moyen-Orient ? Faut-il que leur vie soit continuellement une épopée tragique ? Faut-il ainsi anéantir le christianisme dans sa terre de naissance? De quel droit et au nom de qui le fait-on ? Par quelle logique étouffe-t-on le second constituant du monothéisme? L'enjeu est très dangereux. L'humanité se vide d'elle-même, de son essence. Nous sommes devant un vide existentiel, là devant nos yeux. Sommes-nous acculés à boire le calice du grand sacrifice? Certes oui, nous le sommes actuellement.
«Elohi, elohi lamma shabaqtani», c'est le cri de Jésus de la terre palestinienne, le cri fondateur du christianisme. Il raisonnera jusqu'à la fin des temps. Au-delà de toutes les vicissitudes de l'histoire.
«Saul, pourquoi me persécutes-tu?» Sur le chemin de Damas, Paul entendit cette voix du Christ ressuscité.
«Quo vadis?» Pierre avait entendu lui aussi la voix du Christ, dans la capitale du monde romain, Rome.
Personnellement, j'entends ces trois voix, fondatrices du christianisme, comme un appel imminent à toutes les consciences du monde.
En résumé, j'invite les chrétiens, les musulmans et les juifs à suivre la voie d'Abraham et sa foi. Abraham, sans avoir vu le visage de Dieu ni avoir reçu la visite d'un ange, a bien entendu la voix du Seigneur et il le suivit. Il fut béni.
Pour la paix du monde, pour le salut de la région, pour que chaque être humain soit béni, je crie et j'écris: Écoutons-nous «Shama'a Israël », la voix du Seigneur: «Il t'est dur de regimber contre les aiguillons.»
Que devons-nous choisir, être bénis par Dieu et l'histoire, ou bien être bannis pour toujours?

Père Nabil MOUANNÈS
Prêtre libanais

Le cri d'alarme fut lancé en 1974 au Liban pour tous les chrétiens du Moyen-Orient. Des milliers de chrétiens ont été tués depuis. Des centaines de régions et de villes ont été vidées et dévastées. Les chrétiens se retrouvent ainsi en exode dans leur propre pays. Ils ont été poussés jusqu'au précipice. Ils étaient confinés et terrorisés durant deux décennies. Depuis mon adolescence jusqu'à nos jours, leurs cris, leurs douleurs raisonnent dans ma conscience. «Les chrétiens à la mer, les chrétiens à l'exil, cette terre n'est plus à vous.» Toute ma jeunesse s'est déroulée dans ce conflit de conscience et dans cette crise d'« identité meurtrière », comme le dit si bien l'académicien Amin Maalouf. Le monde semble devenu sourd à leur extermination.La surdité du monde face à cette tragédie me révolte....
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut