Pour rester en Méditerranée, voyage en Italie de deux frères que tout oppose. Et que la mort d'un père oblige à se revoir et à mieux se connaître. C'est le thème de l'ouvrage de Lionel Papagalli, dit Alfred. Sous le titre de Come Prima (Delcourt/ Mirages, 224 pages) et qui a obtenu le prix du meilleur album (Fauve d'or d'Angoulême), l'auteur, un dessinateur au tracé alerte, compose en touches vives et acidulées, mais non sans tendresse et humour les pérégrinations des deux frangins. Dans une vieille voiture
cahotante.
Aventures, affaires sentimentales, arrêts inopinés, clash de deux personnalités différentes, voilà la trame et l'essence de cette histoire de deux protagonistes que seule la vie réconcilie.
Dans un décor des années 60, dessins légers, changement de tons dans les couleurs (allant du plus dense au plus aérien) et, en filigrane, un discret hommage au cinéma italien d'après-guerre.
Avec des bulles pertinentes qui ne craignent pas non plus de s'effacer totalement pour laisser la place à un silence éloquent. Un prix bien mérité pour un album qui interpelle.
Au cœur d'un documentaire...
Dans une direction diamétralement opposée, voilà le récit poignant d'une situation de guerre. Grâce au regard acerbe et profondément observateur d'une femme reporter qui fait reculer les frontières de la peur et de l'ignorance. Avec des images dessinées comme des photos colorées et aux retouches soignées.
Les Larmes du seigneur afghan (Campi/ Zabus, Pascale Bourgaux, Aire libre, 80 pages), loin des clichés et des discours politiques, est une bande dessinée qui fait découvrir la réalité complexe d'un petit village afghan. Mais aussi le quotidien d'une reporter – en l'occurrence Pascale Bourgaux – en pleine action de son métier, et la façon dont un reportage se construit au jour le jour. Dans un pays étranger où tout journaliste occidental est constamment en danger.
Dessins bien fignolés, aux contours nets et travaillés comme un plan ou une séquence d'un film. Et la lecture en devient comme le visionnement d'une pellicule qu'on déroule avec un intérêt soutenu. Avec la notion du suspense et de la progression d'une trame qui ne manque ni de piquant ni de sens de l'analyse et encore moins de la valeur d'un témoignage. Sans concession.
Les ouvrages cités sont en vente à la librairie al-Bourj.


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