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Nos lecteurs ont la parole - Youssef Mouawad

Israël, la disproportion

Il ne faut pas se leurrer : une intervention humanitaire à Gaza relève de la pure spéculation et de l'illusoire. Mais il n'est pas interdit de rêver, toutes les conditions étant réunies pour lancer une telle opération et mettre un point final au jeu de massacre orchestré par Israël.
Prétextes fallacieux et réactions disproportionnées, deux procédés auxquels l'État hébreu a toujours eu recours et depuis sa création. C'est que les Arabes, et les Palestiniens en particulier, ont toujours été déshumanisés aux yeux de l'opinion israélienne et, par ricochet, mondiale. Gideon Levy, journaliste de Tel-Aviv, crie depuis des décennies dans le désert ; il raconte à qui veut l'entendre que lors des affrontements de 2008-2009, un chien fut tué par une roquette tirée à partir de Gaza par les brigades al-Qassam. Que croyez-vous qu'il arriva ? Ce fut le chien qui eut droit à une notice en page de couverture du journal, alors que les dizaines de Palestiniens décimés le même jour par le feu israélien n'eurent droit qu'à deux lignes à la page 16 du quotidien.
Pour ce qui est des prétextes, rappelons qu'un commando héliporté israélien détruisit la flotte aérienne de la MEA à Beyrouth, en décembre 1968, parce que des fedayine avaient emprunté notre aéroport pour lancer une opération contre El Al quelque part dans le monde. Rappelons également que l'armée israélienne a envahi le Liban en 1982 pour répliquer à l'attentat dont avait été victime son ambassadeur à Londres ! C'est dire les raisons invoquées.
Passons à l'autre volet, celui de la disproportion. Or, d'après le droit de la guerre, les représailles doivent être « appropriées » : une escarmouche ou un incident à la frontière ne justifie pas une invasion de territoire par exemple, comme l'assassinat de trois colons ne nécessite pas la destruction des 360 kilomètres de Gaza où vivent parqués (c'est le mot) 1,8 million d'habitants. Il y a peu, Bill Clinton a déclaré qu'à un moment donné de sa carrière présidentielle, il aurait pu liquider Ben Laden ;
ce qui aurait peut-être évité aux États-Unis les attentats du 11-Septembre. Cependant, il n'a pas donné l'ordre d'exécution parce que cela aurait entraîné la destruction de la ville de Qandahar, avec des innocents, des femmes, des enfants, etc. S'il l'avait fait, ajoute-il, il aurait été aussi mauvais et démoniaque que le leader d'el-Qaëda. Bibi Netanyahu devrait s'inspirer de cet exemple plutôt que de donner ses ordres sanguinaires à son armée qui, nous dit-on, est la « plus morale du monde ».
Le jeudi dernier (31 juillet) au soir, après quatre heures de consultations, le Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies a de nouveau appelé à un cessez-le-feu humanitaire immédiat et sans conditions à Gaza, et a préconisé en attendant des pauses humanitaires pour secourir la population. La haut-commissaire de l'ONU aux Droits humains, Navi Pillay, a nommément accusé Israël de défier les instances internationales dans sa guerre contre le Hamas. Lors d'une conférence de presse, elle a condamné les attaques menées contre des maisons, des écoles, des hôpitaux et des centres de l'Onu. « Aucune (de ces attaques) ne semble être accidentelle. Elles semblent être un acte de défi délibéré vis-à-vis des obligations résultant du droit international. »
Cela dit, où sont les honteux Prix Nobel de la paix, s'insurge Daniel Schiffer dans l'hebdomadaire Marianne, les moyens employés par Tsahal allant bien « au-delà de ce qui est nécessaire à la mise hors de combat des fanatiques du Hamas » ? Où est Elie Wiesel, à qui l'académie d'Oslo décerna en 1986 le prix tant convoité, lui qui est toujours si prompt à donner des leçons de morale à la planète ? Il s'est révélé un « belliciste patenté quand il s'agit d'Israël, et il a choisi de se taire face à l'horreur, dont il se révèle ainsi, fût-ce malgré lui, l'indirect complice ». Les autres lauréats du prix Nobel de la paix étant Shimon Pérès et Barack Obama, je vous laisse imaginer ce qu'on peut attendre d'eux !
Incidemment, un footballeur français a fait entendre sa voix pour s'élever contre la position officielle de son pays. Éric Cantona reprend à son compte une lettre d'Edwy Plenel qui compare François Hollande à Guy Mollet, ce président du Conseil qui, en 1956, fut l'instigateur de l'agression israélienne contre l'Égypte. Ce sportif n'est plus seul à clamer son ras-le-bol, Dominique de Villepin vient de lui emboîter le pas en disant à son tour « Assez », non seulement au silence des démocraties occidentales, mais également à l'argumentation israélienne qui, prétextant les boucliers humains du Hamas, croit pouvoir poursuivre son œuvre destructrice. C'est que les sionistes croient que leur discours est si bien rôdé qu'il en est imparable et qu'il peut les dédouaner aux yeux du « monde civilisé », à savoir celui qui appuie leurs thèses quelle que soit l'horreur commise.
Qui aura le courage moral d'exiger une intervention humanitaire ? Certainement pas le secrétaire d'État américain John Kerry, même s'il a manifesté quelque peu son mécontentement au sujet de la réaction disproportionnée de ses protégés. Ne s'est-il pas empressé de rappeler que son pays devait approvisionner Israël en munitions ? Imaginez que notre voisin du Sud vienne à en manquer...

Youssef MOUAWAD

Il ne faut pas se leurrer : une intervention humanitaire à Gaza relève de la pure spéculation et de l'illusoire. Mais il n'est pas interdit de rêver, toutes les conditions étant réunies pour lancer une telle opération et mettre un point final au jeu de massacre orchestré par Israël.Prétextes fallacieux et réactions disproportionnées, deux procédés auxquels l'État hébreu a toujours eu recours et depuis sa création. C'est que les Arabes, et les Palestiniens en particulier, ont toujours été déshumanisés aux yeux de l'opinion israélienne et, par ricochet, mondiale. Gideon Levy, journaliste de Tel-Aviv, crie depuis des décennies dans le désert ; il raconte à qui veut l'entendre que lors des affrontements de 2008-2009, un chien fut tué par une roquette tirée à partir de Gaza par les brigades al-Qassam. Que...
commentaires (2)

LÀ Où EN SONT LES CHOSES : LA LIBERTÉ OU LA MORT ! EST LE SEUL SLOGAN/EMBLÈME À PORTER... ET LA SEULE VOIE... À SUIVRE PAR LES PALESTINIENS... ET QUI FERAIT TREMBLER LES CONSCIENCES DES INCONSCIENTS DE CE MONDE !!!

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

12 h 53, le 07 août 2014

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Commentaires (2)

  • LÀ Où EN SONT LES CHOSES : LA LIBERTÉ OU LA MORT ! EST LE SEUL SLOGAN/EMBLÈME À PORTER... ET LA SEULE VOIE... À SUIVRE PAR LES PALESTINIENS... ET QUI FERAIT TREMBLER LES CONSCIENCES DES INCONSCIENTS DE CE MONDE !!!

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    12 h 53, le 07 août 2014

  • Il faudrait plutôt dire « Assez », à la tactique diabolique de ce Hamaj et de ses Hamajistes qui, en se servant des civils palestiniens comme boucliers humains, croient pouvoir poursuivre à l'infini leur basse œuvre machiavélique et funeste à l'encontre de cette même population palestinienne ; soi-disant la "leur" !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    10 h 13, le 07 août 2014

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