Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Proche-Orient

À Gaza, la barbarie jusqu’au cœur des écoles...

Encore, et encore... Un jeune Palestinien blessé par un tir israélien, et traité à Rafah, le 3 août 2014. AFP PHOTO / MAHMUD HAMS

Israël faisait à nouveau face à l'indignation internationale hier après une frappe qui a tué au moins dix Palestiniens dans une école de l'Onu.


Au 27e jour de la guerre, 71 personnes ont encore péri dans le seul secteur de Rafah, selon les secours locaux. Au moins sept autres personnes ont été tuées hier soir dans un raid aérien israélien dans le nord de la bande de Gaza, selon les services de secours palestiniens. Mais c'est la frappe contre l'école gérée par l'agence onusienne pour l'aide aux réfugiés palestiniens (Unrwa) transformée en centre d'accueil pour environ 3 000 réfugiés qui a suscité la plus vive émotion. La responsabilité de ce tir n'est pas formellement établie. Mais l'armée israélienne a reconnu elle-même avoir « pris pour cible trois terroristes du Jihad islamique montés sur une moto à proximité d'une école de l'Unrwa à Rafah », la ville du sud du territoire soumise depuis vendredi à un pilonnage intensif, et « (examiner) les conséquences qu'a eues cette frappe ».
« C'est un scandale du point de vue moral et un acte criminel », ainsi qu'une « nouvelle violation flagrante du droit humanitaire international », s'est indigné le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon.

Les États-Unis, principaux alliés d'Israël, se sont dit « consternés » par un « bombardement honteux ». Jugeant « inadmissible » le bombardement de l'école, le président français François Hollande a demandé que les responsables de cette action, qu'il n'a pas désignés, « répondent de leurs actes ». M. Ban et Washington n'ont pas non plus désigné expressément Israël comme responsable. Mais ils ont également souligné que l'armée israélienne était très bien informée de la localisation des refuges de l'Onu. C'est la troisième fois en dix jours qu'une école de l'Onu est atteinte.

 

(Voir aussi : Les larmes de Chris Gunness)


En ce 27e jour de guerre le bilan s'élève à environ 1 800 Palestiniens tués selon des sources médicales. Côté israélien, 64 soldats et trois civils ont été tués. « Cette folie doit cesser », a dit le secrétaire général de l'Onu tandis que les appels au cessez-le-feu d'une communauté internationale jusqu'alors impuissante se faisaient à nouveau plus pressants. Côté israélien, l'armée a confirmé pour la première fois officiellement hier avoir entrepris de retirer un certain nombre de troupes, sans préciser combien, tandis qu'elle en redéployait d'autres à l'intérieur de la bande de Gaza. Une centaine de chars auprès desquels des soldats s'affairaient ou prenaient du repos stationnaient hier après-midi côté israélien après avoir franchi la frontière de Gaza. Sans parler de début de retrait, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait laissé entendre la veille au soir que Bordure protectrice allait entrer dans une nouvelle phase, maintenant que l'armée avait presque achevé son entreprise de démolition des tunnels.

 

(Voir : Bon baisers (de mort) de Gaza...)

 

« Changement de braquet »
Cette partie de l'opération sera terminée « probablement au cours des prochaines 24 heures », a assuré le porte-parole de l'armée, Peter Lerne. Mais « la mission se poursuit, elle n'est pas terminée », a-t-il répété, précisant juste : « On change de braquet. »
Samedi soir, M. Netanyahu et le Hamas ont affirmé leur détermination à poursuivre le combat. Un « désastre sanitaire de grande ampleur » est pourtant en train de se produire dans la bande de Gaza, dont les 1,8 million d'habitants sont pris au piège des combats sur un tout petit territoire, s'est alarmée l'Onu. La situation à Gaza est devenue « intolérable » pour la population civile, a abondé le ministre britannique des Affaires étrangères, Philip Hammond. M. Hammond, mais aussi l'Union européenne et la Chine ont demandé aux deux belligérants un arrêt immédiat des combats.
Mais après l'échec d'un cessez-le-feu vendredi, Israël a délivré le message de la plus grande fermeté pour signifier que le conflit s'achèverait selon les termes qu'il déciderait, et qu'il n'y aurait aucune concession faite à une organisation selon lui aussi peu digne de confiance que le Hamas. Israël a ainsi décidé de ne pas envoyer de représentants au Caire où une délégation palestinienne incluant des membres du Hamas a remis dimanche au médiateur égyptien un ensemble de demandes, dont la fin du blocus de Gaza, en vue d'un cessez-le-feu.

 

Lire aussi

Dessine-moi un mouton ? Non, juste une maison bombardée par des avions...

Une guerre infâme, la tribune de Naomi Wolf

 

Israël faisait à nouveau face à l'indignation internationale hier après une frappe qui a tué au moins dix Palestiniens dans une école de l'Onu.
Au 27e jour de la guerre, 71 personnes ont encore péri dans le seul secteur de Rafah, selon les secours locaux. Au moins sept autres personnes ont été tuées hier soir dans un raid aérien israélien dans le nord de la bande de Gaza, selon les services de secours palestiniens. Mais c'est la frappe contre l'école gérée par l'agence onusienne pour l'aide aux réfugiés palestiniens (Unrwa) transformée en centre d'accueil pour environ 3 000 réfugiés qui a suscité la plus vive émotion. La responsabilité de ce tir n'est pas formellement établie. Mais l'armée israélienne a reconnu elle-même avoir « pris pour cible trois terroristes du Jihad islamique montés sur une moto à...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut