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La banque d'affaires américaine Morgan Stanley a plus que doublé son bénéfice net au deuxième trimestre grâce à la recrudescence des opérations de fusions-acquisitions, un créneau où elle est très active, a indiqué hier l'AFP.
Poids plume des six fleurons de Wall Street, l'établissement dirigé par l'Australien James Gorman a dégagé un bénéfice net de 1,85 milliard de dollars entre avril et juin, contre 803 millions de dollars un an plus tôt.
Cette performance s'est traduite par un bénéfice par action hors éléments exceptionnels, référence des marchés américains, à 94 cents, alors que les analystes misaient sur 55 cents.
Même le chiffre d'affaires attendu en recul a déjoué les pronostics : il a augmenté de 1,1 % sur un an à 8,60 milliards de dollars, contre 8,19 milliards attendus.
« Nos résultats trimestriels révèlent une solide performance malgré un environnement difficile », s'enhardit M. Gorman.
Déjà rassurés sur la rentabilité du secteur avec les performances en début de semaine de Citigroup,
JPMorgan Chase et Goldman Sachs, les investisseurs ont salué ces résultats. Le titre montait de 1,23 % à 32,90 dollars dans les premiers échanges. « La petite banque qui monte » voit son avenir dans la gestion de fortune largement assuré.
C'est cette activité, pierre angulaire de la stratégie de James Gorman, qui a permis à Morgan Stanley de compenser le ralentissement des opérations de marché sur le trimestre. Ses recettes ont progressé de 5,2 % à 3,71 milliards de edollars et le bénéfice imposable a bondi de 17 % à 767 millions de dollars. Elle représente un peu plus de 43 % du chiffre d'affaires total et près de 42 % des bénéfices.
L'an dernier, Morgan Stanley a pris seul le contrôle de Smith Barney, ex-activité de gestion de fortune de Citigroup. Rebaptisée Morgan Stanley Smith Barney (MSSB), elle est censée être le fer de lance de son repositionnement.
Deuxième banque américaine la plus sollicitée pour les opérations de fusions-acquisitions derrière JPMorgan, Morgan Stanley se targue aussi de revenus robustes dans le conseil financier : +25,5 % sur un an à 418 millions de dollars.
Mauvais élève dans le courtage
Mais le bât blesse dans le courtage. Moteur de la rentabilité des banques d'affaires américaines depuis la crise, l'activité de « revenus fixes » (courtage des obligations, des changes et des matières premières) a enregistré une diminution de 16,6 % à 1 milliard de dollars de ses recettes.
C'est davantage que chez ses rivales JPMorgan (-15 %), Goldman Sachs (-10 %) et Citigroup (-12 %). Bank of America a enregistré, pour sa part, une hausse de 5 % de son chiffre d'affaires sur ces produits financiers offrant des rendements parmi les meilleurs mais désormais dans la ligne de mire des autorités réglementaires.
Les « revenus fixes » pâtissent de volumes d'activités bas, ce qui s'observe par une faible volatilité, explique Morgan Stanley. La performance de cette activité risquée dépend étroitement de la volatilité des échanges, mesurée par l'indice VIX, dit « indice de la peur ». Quand cet indice est haut, cela sous-entend que l'activité se porte bien et inversement. Le 3 juillet, l'indice de la peur est tombé à son plus bas depuis le 22 février 2007, à 10,32, signe que l'activité souffre.
Les revenus issus du courtage des actions (émissions et titres de participation) sont restés, eux, stables à 1,8 milliard de dollars. L'activité d'investissement affiche pour sa part un chiffre d'affaires en hausse de 2,7 % à 692 millions de dollars, pour un bénéfice imposable de 205 millions (+28,1 %).
Si elle est épargnée par les litiges, Morgan Stanley doit en revanche se conformer aux nouvelles règlementations qui exigent des niveaux de liquidités importants pour résister à une crise éventuelle. Pour ce faire, elle a annoncé récemment des mesures d'économies portant sur des suppressions d'emplois dans ses salles de marchés de changes et de taux. Elle veut aussi rogner sur les bonus.
Mais fin juin, les rémunérations représentaient encore 40 % du chiffre d'affaires de la banque, contre 39 % il y a un an. Les coûts salariaux ont même augmenté de 2,4 % sur un an à 4,2 milliards de dollars, a précisé l'AFP.

