C'est vrai que notre pays est devenu le symbole des paradoxes. Les criminels, les voleurs, les malfaiteurs, les imposteurs, les magouilleurs et les maraudeurs ont les ailes libres et se déplacent dans leur environnement sans aucun scrupule puisqu'ils sont soutenus et protégés par des forces de facto que nul ne peut éliminer.
Ceux qui prennent en otages des personnes pour leur opinion ou pour une rançon les séquestrent ou même les liquident sans donner la moindre indication sur le lieu de leur détention ou même sur leur existence, ceux-là ont disparu et ne sont en aucune façon sujets à des interpellations pour leurs actes. Ceux qui falsifient des papiers pour se soustraire aux taxes de douane, de port et d'aéroport, ceux qui ne payent pas leurs factures d'électricité, d'eau potable, de mécanique de voiture, etc., tous ceux-là ne sont pas inquiétés par les services chargés de ces infractions. Pas plus que les municipalités qui font payer les citoyens des sommes faramineuses pour leur permis de construction et pour les parkings, sans pour autant consacrer ces sommes à l'amélioration de la circulation urbaine, à l'aménagement de parkings publics et à la création d'un service de transport en commun d'une urgente nécessité. Tout cela et bien d'autres encore ne relèvent-ils pas de la mauvaise gérance de l'État ?
Que disent les Libanais des politiciens de tous bords qui ont gouverné le pays pendant des années et le gouvernent encore (qui sont connus du peuple et pointés du doigt) et sont responsables à des degrés différents de l'effondrement du pays ?
Que doivent dire les Libanais de la situation misérable de l'électricité après 35 années de sacrifices et des milliards de dollars dépensés à fonds perdus pour finalement demeurer dans le noir ?
Que doivent dire les Libanais de cette immense fortune de l'eau que le Bon Dieu nous a accordée gratuitement à travers nos fleuves et nos rivières et que nous laissons couler hébétement vers la mer, alors que nos robinets sont secs et nos réservoirs desséchés ?
Que doivent dire les Libanais de ces géants de la politique qui sont en train de causer un énorme préjudice au pays du fait du retard, sans causes valables autres que celles occultées, en refusant de trancher dans le dossier de l'extraction du pétrole du sol libanais, alors que les pays voisins profitent déjà de ce pétrole enfoui dans la mer, etc. ?
Que doivent dire les Libanais de tous ceux qui interprètent faussement les textes des lois et de la Constitution, et de la manière la plus subjective, pour créer des problèmes dans l'équilibre des pouvoirs, semer la discorde entre les différentes tranches du pays et affaiblir l'État en le privant de sa principale composante et ainsi le détruire ?
Que doivent dire les Libanais de toutes ces grèves généralisées dans tous les secteurs et les administrations publiques suite à des revendications sociales légitimes que l'État ne peut plus supporter faute de fonds ?
Devant cet état de fait et devant cet affreux tableau de la scène libanaise, que doivent penser et dire les Libanais de cette insanité et de cette corruption de la classe politique qui a gouverné le pays et le gouverne toujours, qui perçoit ses honoraires jusqu'à la dernière piastre et jusqu'après leur mort et la mort de leurs progénitures, et qui est fièrement arrivée à noyer le Liban dans ses problèmes, son pourrissement, son endettement et la dégradation de ses fonds et de ses ressources publiques ?
Que doivent-ils donc dire plus que ce qu'a dit haut et fort le Dr François Bassil ? Puisqu'on est bien dans un pays symbole des paradoxes et par pur sens de l'équité, faites traduire tous les Libanais devant la cour de justice !...
Émile SFEIR
Ingénieur


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