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Nos lecteurs ont la parole - Camille Mourani

I.- Sur la proposition du général Aoun

J'ai pris connaissance, à l'instar de tous les Libanais, de la proposition de Michel Aoun, qui consiste en un «petit» amendement de la Constitution pour... changer le
régime!
Je souhaite démontrer pourquoi cette proposition est totalement chimérique, à différents niveaux : constitutionnel, politique, confessionnel et, enfin,... pratique.
Au plan constitutionnel :
– L'article 75 stipule que «la Chambre réunie pour élire le président de la République constitue un collège électoral et non une assemblée délibérante. Elle doit procéder uniquement, sans délai ni débat, à l'élection du chef de l'État». Ce qui fait que le Parlement ne peut actuellement légiférer en aucun cas. Il s'est transformé, dès le début du premier tour des élections présidentielles (qui a eu lieu le 23 avril) en un collège électoral, et cesse toutes ses délibérations jusqu'à l'élection d'un nouveau chef de l'État.
– L'article 74, lui, stipule qu'« en cas de vacance de la présidence par décès, démission ou pour toute autre cause, l'Assemblée se réunit immédiatement et de plein droit pour élire un nouveau président. Si au moment où se produit la vacance la Chambre se trouve dissoute, les collèges électoraux sont convoqués sans retard et, aussitôt les élections faites, la Chambre se réunit de plein droit pour élire le président ». Donc tout amendement constitutionnel, voire toute réunion de la Chambre pour des objectifs autre que l'élection du président sont impossibles en ce moment, contrairement à toutes les aberrations constitutionnelles qu'on tente de nous imposer, en invitant la Chambre à débattre de l'échelle des salaires par exemple...
En outre, il est à remarquer que la Constitution, en énumérant dans l'article 74 les causes probables d'une vacance à la présidence, n'a envisagé en aucun cas que ceci serait dû au boycott des élections par les députés, ce qui rend ce cas contraire à l'esprit de la Constitution.
– Le préambule de la Constitution stipule que le Liban est une République parlementaire. Une élection du chef de l'État par le peuple souverain changerait complètement le système politique et le transformerait en présidentiel ou semi-présidentiel. Je vois mal comment un président, élu directement par le peuple, accepterait de ne pas pouvoir dissoudre la Chambre, nommer le Premier ministre et le gouvernement ou les révoquer ! Changer la donne revient à changer tout le régime politique.
Au plan politique :
– En vertu de la coutume constitutionnelle, le président est maronite, le président de la Chambre chiite et le Premier ministre sunnite. Ceux qui devraient se prononcer en premier, ce seraient alors les maronites, pas tous les chrétiens, selon le modèle proposé par le général Aoun. Sauf si la tentative vise, in fine, à persuader peu à peu les Libanais de la justesse du principe des trois tiers, sunnite, chiite et chrétien, qui remplacerait celui de la parité islamo-
chrétienne...
– Imaginons un instant que ce très attendu président de la République a été élu par le peuple. Ses prérogatives seraient ipso facto élargies. En d'autres termes, il détiendrait à nouveau le pouvoir exécutif, après qu'il fut transféré au Conseil des ministres réuni, suite à l'accord de Taëf. Croire que les autres composantes du pays accepteraient de rendre aussi simplement le pouvoir aux maronites relève de la folie, au vu de la conjoncture politique régionale et locale.
(À suivre)

Camille MOURANI

J'ai pris connaissance, à l'instar de tous les Libanais, de la proposition de Michel Aoun, qui consiste en un «petit» amendement de la Constitution pour... changer lerégime!Je souhaite démontrer pourquoi cette proposition est totalement chimérique, à différents niveaux : constitutionnel, politique, confessionnel et, enfin,... pratique.Au plan constitutionnel :– L'article 75 stipule que «la Chambre réunie pour élire le président de la République constitue un collège électoral et non une assemblée délibérante. Elle doit procéder uniquement, sans délai ni débat, à l'élection du chef de l'État». Ce qui fait que le Parlement ne peut actuellement légiférer en aucun cas. Il s'est transformé, dès le début du premier tour des élections présidentielles (qui a eu lieu le 23 avril) en un collège électoral, et...
commentaires (1)

Et dire qu'on se fatigue encore à répondre à ses inepties. "Sacré" boSSfaïr, va !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

10 h 31, le 17 juillet 2014

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Commentaires (1)

  • Et dire qu'on se fatigue encore à répondre à ses inepties. "Sacré" boSSfaïr, va !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    10 h 31, le 17 juillet 2014

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