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Cinema- - Entre Parenthèses

Toute première fois, toute, toute...

Les Cahiers du cinéma proposaient pour leur 700e numéro à des cinéastes, acteurs, actrices, artistes de tous bords de relater en quelques mots leur première expérience émotionnelle au cinéma. Il ne s'agissait pas d'évoquer un chef-d'œuvre, moins encore un bon film, mais simplement raconter quelle est la première fois où la personne a ressenti une forte charge émotionnelle en voyant un film, un plan, une séquence. Je me suis donc amusée à effectuer cet exercice et vous propose aujourd'hui d'en faire autant.
Pour le cinéphile passionné de films, il est très difficile de trier dans sa mémoire et de défricher afin de ressortir avec la première émotion vécue dans une salle obscure. Quelle est la toute première fois ? La bonne ? La vraie ? La plus forte ? La plus absolue et intacte ?
L'irremplaçable ?
Elles sont nombreuses, de nature contraire, diriez-vous. Des sensations d'effroi, de peur, de joie, de beauté ou de plaisir. Mais elles se rejoignent aussi. À vous de les décrypter.
Pour ma part, et sans aucun doute, la scène qui remue en moi des émotions diverses c'est un extrait des Quatre cents coups de François Truffaut. Il y en a beaucoup d'autres certes dans cette œuvre magnifique parlant des premiers émois de l'adolescence, mais cette scène plus particulièrement réveille en moi la relation privilégiée qui s'est instaurée avec le 7e art .
Lorsque le jeune Antoine Doinel (Jean-Pierre Léaud) écume les rues et s'attarde devant une salle de cinéma où est projeté un film de Jacques Rivette, il me revient à l'esprit une autre scène de mon enfance. Enfant et passant l'été dans un village, le cinéma de montagne avait à l'époque trois séances le même jour de projections différentes. Les horaires étaient les suivants : 15-18 et 21 heures. Préadolescente, j'assistais aux deux premières projections mais, plus tard, je n'en ratais pas une. Le moment le plus fabuleux était à venir. C'était l'instant où les portes du cinéma se refermaient et que la salle se vidait. Je revenais en catimini pour décoller les images glacées des acteurs accrochées sur un tableau de liège placardé à l'air libre. Cet instant furtif, « volé », était magique. Cela signifiait que le film m'appartenait. Il devenait mon île secrète. Depuis, Antoine Doinel a su refaire vivre ce regard d'amour et ce lien indéfectible avec le cinéma.

Les Cahiers du cinéma proposaient pour leur 700e numéro à des cinéastes, acteurs, actrices, artistes de tous bords de relater en quelques mots leur première expérience émotionnelle au cinéma. Il ne s'agissait pas d'évoquer un chef-d'œuvre, moins encore un bon film, mais simplement raconter quelle est la première fois où la personne a ressenti une forte charge émotionnelle en voyant un film, un plan, une séquence. Je me suis donc amusée à effectuer cet exercice et vous propose aujourd'hui d'en faire autant.Pour le cinéphile passionné de films, il est très difficile de trier dans sa mémoire et de défricher afin de ressortir avec la première émotion vécue dans une salle obscure. Quelle est la toute première fois ? La bonne ? La vraie ? La plus forte ? La plus absolue et intacte ?L'irremplaçable ?Elles sont...
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