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Nos lecteurs ont la parole - Louis Ingea

II.- Si le général propose...

En voici une image au hasard et à titre d'exemple. À recueillir les résultats en pourcentage par rapport aux suffrages exprimés dans l'ensemble des bureaux de vote, nous aurions le tableau comparatif suivant (voir L'Orient-Le Jour du mardi 15 juillet 2015) :

Recueilli par le candidat X :
55 % – maronite
45 % – sunnite
42 % – grecque
85 %i – chiite
25 % – minoritaire
35 % – druze
50 % – arménienne.
Total en points : 337.

Recueilli par le candidat Y :
45 % – maronite
55 % – sunnite
58 % – grecque
15 % – chiite
75 % – minoritaire
65 % – druze
50 % – arménienne.
Total en points : 363.

Sera évidemment élu celui qui aura bénéficié du plus grand nombre général de points.
Analysons à présent les risques et avantages d'un pareil projet. Le seul risque ici serait d'avoir un vote massif de la part d'une communauté donnée, façon robot. Ce risque est à prendre malgré ses apparents aléas. Car si l'une des communautés se risquait à ce jeu-là, il ne faut pas oublier que la loi de la proportionnelle reste maîtresse du jeu et que la plus petite des communautés peut faire pencher la balance en faveur de l'un ou de l'autre des deux candidats si, à son tour, elle votait en masse.
Quant aux avantages, ils sont multiples :
A) Nous placerions le Liban sur une trajectoire moderne digne des grandes démocraties et établirions un compromis équitable entre la démocratie du nombre et le respect scrupuleux dû au régime confessionnel en vigueur chez nous.
B) Nous coupons court au déséquilibre démographique, puisque ne joue que la proportion des suffrages et non le nombre d'électeurs. D'où il ressort que toutes les communautés ont, entre elles, un poids électoral équivalent. Ce constat nous mène ainsi vers une forme de « juste équilibre social », depuis longtemps revendiqué par tous. Et si la mise en pratique semble ancrer davantage dans nos mœurs le système confessionnel en son aspect officiel, en réalité, nous serions en train de pousser les communautés à se courtiser entre elles afin de gagner en pourcentage le plus grand nombre de points. Nous posons de cette façon-là le premier jalon vers la disparition du confessionnalisme, ne serait-ce que dans l'action politique quotidienne.
C) Nous pourrions bloquer toutes les « magouilles en cercle fermé » à l'intérieur même du Parlement.
D) Nous forçons enfin les candidats à faire face au peuple et à se démarquer des groupes de pression locaux, régionaux et étrangers.
E) Cela dit, osons espérer que ce projet puisse servir de plateforme d'entente entre les différentes factions libanaises, tout en sollicitant nos députés, hommes de loi et juristes d'user de leurs compétences pour l'affiner techniquement et l'insérer comme il se doit dans notre Constitution.
F) Voilà en raccourci une issue respectable au problème vital de notre survie en tant que démocratie.
Puissent ces lignes attirer l'attention des responsables et provoquer par je ne sais quel miracle un sursaut salutaire pour ce malheureux pays !

En voici une image au hasard et à titre d'exemple. À recueillir les résultats en pourcentage par rapport aux suffrages exprimés dans l'ensemble des bureaux de vote, nous aurions le tableau comparatif suivant (voir L'Orient-Le Jour du mardi 15 juillet 2015) :
Recueilli par le candidat X :55 % – maronite45 % – sunnite42 % – grecque85 %i – chiite25 % – minoritaire35 % – druze50 % – arménienne.Total en points : 337.
Recueilli par le candidat Y :45 % – maronite55 % – sunnite58 % – grecque15 % – chiite75 % – minoritaire65 % – druze50 % – arménienne.Total en points : 363.
Sera évidemment élu celui qui aura bénéficié du plus grand nombre général de points.Analysons à présent les risques et avantages d'un pareil projet. Le seul risque ici serait d'avoir un vote massif de la part...
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