La situation au Liban-Sud et les possibilités d'escalade sont désormais au cœur de l'actualité. Depuis que des obus ont été lancés à partir du Liban vers le nord d'Israël et que l'armée israélienne a riposté en lançant plusieurs salves de missiles sur des villages libanais au Sud, la situation est précaire. L'armée et la Finul ont renforcé leurs patrouilles pour tenter d'empêcher de nouveaux tirs d'obus à partir du Liban et les Palestiniens dans les camps sont en état d'alerte. L'armée libanaise a d'ailleurs précisé, dans un communiqué, que « deux obus ont été lancés dans la nuit de lundi à mardi à partir du Liban vers la Palestine occupée et l'armée ennemie a riposté en envoyant 31 obus et 6 fusées éclairantes dans la région d'où sont partis les obus ».
Dans le même temps, l'armée a annoncé qu'elle avait multiplié les patrouilles et qu'elle a encerclé le secteur pour rechercher les lanceurs de roquettes. Tout au long de la journée d'hier, l'armée a continué à quadriller le secteur à la fois pour rechercher les lanceurs de roquettes et pour empêcher d'autres amateurs de les imiter. Parallèlement, des survols de l'aviation israélienne ont été enregistrés au-dessus des cazas de Tyr et de Bint Jbeil, alors que de l'autre côté de la frontière, l'armée israélienne a multiplié les patrouilles à la lisière des fermes de Chebaa. Selon le correspondant de l'Ani, les soldats israéliens seraient descendus de leurs véhicules militaires pour observer à l'aide de lunettes les activités du côté libanais. Le correspondant a cru déceler une activité inhabituelle du côté israélien. Mais jusqu'à présent, les forces concernées affirment ne pas vouloir d'une escalade, alors que la Finul et les Nations unies appellent les deux parties à la retenue.
L'inquiétude de Plumbly
C'est d'ailleurs pour évoquer la situation au Sud et les possibilités de dérapage à la frontière avec Israël que le Premier ministre Tammam Salam a reçu au Sérail le représentant du secrétaire général de l'Onu à Beyrouth, Dereck Plumbly. Ce dernier a exprimé à l'issue de son entretien « l'inquiétude des Nations unies face aux tirs répétés (à quatre reprises) d'obus à partir du Liban vers Israël, suivis des ripostes israéliennes ». Selon M. Plumbly, ces actes sont des violations flagrantes de la résolution 1701 et constituent une menace dangereuse pour la stabilité dans cette région. Il a aussi ajouté que l'armée libanaise et la Finul mènent des investigations sérieuses pour tenter de découvrir les coupables et pour empêcher une répétition de ces incidents. M. Plumbly a invité toutes les parties à la retenue et a précisé avoir informé le Premier ministre des entretiens qu'il a eus la semaine dernière à New York. Selon lui, la conclusion de ces entretiens est que la communauté internationale continue d'appuyer la stabilité, la souveraineté et la sécurité du Liban. « La communauté internationale, a-t-il dit, est unanime dans sa volonté de préserver le Liban. Mais il y a une inquiétude à cause de la vacance au niveau de la présidence. Comme je l'ai dit à New York, le Liban a besoin d'institutions actives et efficaces, surtout au niveau de la présidence, du gouvernement et du Parlement. Les défis actuels rendent ce besoin encore plus pressant ».
De son côté, le député Hani Kobeïssy, membre du bloc de Nabih Berry, a condamné le lancement de roquettes vers Israël. Il a estimé que ces actes sont suspects et visent à entraîner le Liban dans un nouvel affrontement avec Israël, tout en plongeant le pays dans une discorde interne qui n'a rien à voir avec le souci de soutenir la cause palestinienne et Gaza face à l'agression israélienne dont elles sont victimes. M. Kobeïssy a donc fermement dénoncé le tir de roquettes en direction d'Israël assurant qu'il ne s'agit nullement de manifestations de soutien aux Palestiniens, mais de « l'exploitation d'une situation donnée pour exécuter des plans qui ne sont ni dans l'intérêt des Libanais ni dans celui des Arabes et des Palestiniens ».


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