Dans son enquête trimestrielle portant sur le niveau de risques dans 186 économies, le magazine Euromoney a classé le Liban à la 112e place du classement mondial et à la 14e position parmi 22 pays de la région Moyen-Orient/Afrique du Nord (Mena). Le Liban est en outre arrivé 36e parmi 52 pays à revenus moyens-supérieurs (PRMS) inclus dans l'étude.
Selon le magazine britannique, cité par le Lebanon this Week de la Byblos Bank, le Liban a avancé d'un cran par rapport à la 113e position qu'il occupait au premier trimestre de 2014, mais a perdu dix places en comparaison avec sa 102e position fin 2013.
« Le risque pays continue de s'aggraver principalement en raison de la dégradation de la situation politico-sécuritaire et du manque cruel de réformes », analyse Nassib Ghobril, économiste en chef à la Byblos Bank. Selon lui, « le pays ne peut pas se reposer éternellement sur sa résilience sans mettre en place de sérieuses réformes pour affronter les turbulences auxquelles il doit faire face ».
Une instabilité économique qui a un coût évalué par l'économiste à 9,7 milliards de dollars depuis le début de la crise syrienne en 2011. « On ne peut pas continuer comme cela », ajoute-t-il, appelant les dirigeants politiques à revoir leurs priorités. « Si l'on avait mis en place les réformes structurelles au début de la crise, nous aurions été plus forts pour affronter l'instabilité politique, déplore-t-il. Aujourd'hui, les choses vont de mal en pis. »
L'étude du magazine Euromoney évalue le risque individuel de chaque pays en prenant en compte six indicateurs que sont les risques politiques (à hauteur de 30 %), la performance économique (30 %), l'accès aux financements des banques et aux marchés de capitaux (10 %), les indicateurs de la dette (10 %), les notations de crédit et une évaluation structurelle (10 %). Les notes sont ainsi attribuées sur une échelle allant de 0 à 100, la borne supérieure représentant le meilleur score.
Selon le magazine financier, le risque pays du Liban est moins élevé que celui de l'Albanie, de la Jamaïque et du Liberia dans le monde, mais plus élevé que celui de la Libye, du Mozambique et de la Tanzanie. Parmi les PRMS, le pays du Cèdre s'est également classé devant l'Albanie et la Libye.
Il est important de souligner que le Liban a reculé de cinq places dans la catégorie « performance économique » et d'une place dans celle des « risques politiques » et « évaluation structurelle ».
Les scores du Liban dans les sous-catégories « accès aux financements des banques et aux marchés de capitaux et indicateurs de la dette » sont restés inchangés depuis la dernière étude du magazine Euromoney.
En ce qui concerne sa notation, le Liban s'est vu attribuer un score de 34,1 points, soit une performance en baisse de 1,6 % en comparaison avec les 34,66 points réalisés au second trimestre de 2013. Il est à préciser que la note du Liban se situe en dessous de la moyenne mondiale de 42,61 points, de celle des PRMS de 39,73 points et de celle de la région Mena (Moyen-Orient/Afrique du Nord) de 42,89 points. Le Liban a, en outre, fait moins bien que les pays du Golfe avec une moyenne de 66,66 points.
Sur le critère évaluant « la performance économique », le score du Liban a chuté de 2 % en comparaison avec le début de l'année 2014, précise Euromoney, tandis que les catégories « risques politiques et évaluation structurelle » ont toutes deux reculé de 1,9 % sur une base semestrielle.
En ce qui concerne les notations de crédit, l'indicateur de la dette et l'accès aux financements, le score du Liban est resté inchangé en comparaison avec l'étude précédente.
Ce type d'évaluation des risques des pays permet d'aider les dirigeants dans leurs prises de décision en fonction des perspectives financières, économiques et politiques de chaque État.

