Sur le mont Hollywood, tout comme au temps du mont Parnasse – particulièrement vénéré dans l'Antiquité parce qu'il était consacré à la fois au dieu Apollon et aux neuf muses, dont il était l'une des deux résidences avec le mont Hélicon – ou également de l'Olympe qui abritait les dieux, acteurs et actrices étaient tels des demi-dieux. Quasi idolâtrés. Les femmes se teignaient les cheveux à la Jean Harlow ou à la Marilyn Monroe, fumaient comme Marlène Dietrich, parlaient comme Greta Garbo ou achetaient le bikini à gros pois de Brigitte Bardot. Les hommes eux aussi avaient leurs favoris. Se vêtir comme Cary Grant, jouer au séducteur comme Clarke Gable ou au voyou comme Marlon Brando, autant de jeux de mimétisme auxquels on ne joue plus actuellement.
Pourquoi ? Parce que les acteurs/actrices ne font plus rêver. Le mystère qui nimbait leur vie les rendait intouchables. Inaccessibles. Immatériels. On ne savait rien de leur vie intime. Il a fallu que Rock Hudson, le plus grand « tombeur » de ces dames, le « pillow talker », soit au seuil de la mort pour que la planète découvre qu'il avait le sida et, « ô shocking », qu'il aimait les hommes. On a mis du temps à comprendre que l'Ange Bleu penchait pour les deux sexes et que Gable était accro à la bouteille. Rien ne filtrait de leurs habitudes, de leur quotidien. Il n'y avait pas de réseaux sociaux, ceux-là même si « associaux ». La plèbe se contentant de les adorer et de les imiter.
Aujourd'hui, le cinéma ne projette plus des images de personnages idéaux. Les acteurs et actrices circulent en tongs et, grâce aux paparazzis, ont des points noirs au nez et de la cellulite aux jambes. Les hommes perdent leurs cheveux et les femmes prennent de l'embonpoint et traînent une marmaille qui piaille. Ils vont chez H&M ou tout au plus chez Zara. Non vraiment, ces demi-dieux ne font plus rêver !

