Les Kataëb tirent la sonnette d’alarme : Une stratégie est requise au plus tôt.
Le dossier des réfugiés syriens préoccupe et hante les esprits. Plus le temps passe, plus le poids de la présence de plus d'un million de réfugiés pèse lourd sur le Liban.
Le phénomène est d'autant plus alarmant que ses répercussions se font ressentir non seulement sur le plan humanitaire, au niveau des conditions de vie et d'accommodation des déplacés, mais également sur les plans économique et sécuritaire. Ce dernier aspect est d'autant plus délicat qu'un grand nombre de réfugiés syriens se trouvent au Liban de manière illégale et ne sont pas déclarés en tant que tels. Par conséquent, et avec la montée de l'insécurité et la recrudescence des crimes de droit commun, il est devenu pratiquement impossible de faire la distinction entre ceux qui sont véritablement venus se réfugier au Liban pour fuir la violence et ceux qui sont là pour d'autres objectifs.
Sans aller jusqu'à développer une véritable paranoïa, encore moins un chauvinisme injustifié, il est désormais devenu impératif de mettre en place une véritable stratégie à l'égard de la population des déplacés, assurent plusieurs responsables politiques.
C'est sous cet angle qu'il faudrait notamment comprendre la décision prise par le Conseil des ministres de ne plus accueillir de réfugiés sauf en cas de bataille dans des régions limitrophes avec le Liban. C'est dans le même ordre d'idées qu'a également été prise la décision de retirer le statut de réfugiés à ceux qui rentrent en Syrie avec l'intention de revenir au Liban.
Perte de statut
À noter que près de 45 000 réfugiés, qui étaient préalablement inscrits auprès du HCR, ont déjà perdu leur statut de réfugiés dès le moment qu'ils ont cessé de se présenter auprès des centres d'aide relevant de l'organisation onusienne.
Selon Dana Sleiman, la responsable de communication du HCR, « les réfugiés perdent désormais leur titre et leurs droits aux aides s'ils ne se présentent plus au HCR à trois reprises pour recueillir leurs aides », précise-t-elle.
Le HCR ignore toutefois les raisons pour lesquelles ces réfugiés ne reviennent plus réclamer l'aide.
« Tout ce que nous en déduisons, c'est que soit ils n'ont plus besoin de ces aides pour diverses raisons, soit ils sont rentrés en Syrie », dit-elle. S'exprimant lors d'un entretien à la Voix du Liban, le ministre du Travail, Sejaan Azzi, a évoqué la question, rappelant que les réfugiés syriens dûment inscrits excèdent désormais le million « sans compter des Palestiniens et des travailleurs égyptiens et asiatiques ». Par conséquent, a-t-il dit, « les non-Libanais ont dépassé en nombre les Libanais. Ils comptent aujourd'hui soit près de 60 % par rapport aux citoyens résidents ».
À ces chiffres, il faut ajouter 250 000 étrangers naturalisés en 1993 et qui ont aujourd'hui atteint le chiffre de 500 000, si l'on compte les naissances, commente encore le ministre.
Rappelant que la population libanaise est de 3 millions 752 000 selon les statistiques officielles, le ministre a affirmé que l'État et le gouvernement « doivent prendre des décisions courageuses » non seulement pour protéger l'économie du pays mais pour préserver l'entité libanaise surtout. « Car, a-t-il dit, le nombre élevé de déplacés syriens constitue désormais un danger pour le Liban. »
Pour M. Azzi, la situation militaire en Syrie est désormais connue. Par conséquent, dit-il, « les Syriens peuvent retourner chez eux dans les zones sécurisées : ceux qui sont proches du régime doivent réintégrer les zones relevant du régime. Ceux qui sont proches de l'opposition peuvent à leur tour retourner vivre dans les localités qui sont sous l'emprise de cette dernière ».
Ultimatum
Le ministre a enfin adressé un ultimatum à la communauté internationale : « Le Liban ne peut plus recevoir un seul réfugié supplémentaire. L'Onu devrait aider le Liban à sortir de cette crise existentielle et non se contenter de distribuer des aides humanitaires qui sont devenues un motif d'attraction pour les réfugiés syriens. »
Allant dans le même sens, le parti Kataëb a invité le gouvernement à définir au plus tôt une stratégie pour régler la question des réfugiés syriens, de sorte à préciser une fois pour toutes la position officielle de l'exécutif par rapport à ce dossier.
Main-d'œuvre syrienne
Évoquant à son tour la question de la main-d'œuvre syrienne illégale, notamment dans le domaine médical, le député Atef Majdalani a assuré qu'il n'y a aucune information pour l'heure sur le nombre de médecins et d'infirmières travaillant dans les hôpitaux de la Békaa, tel que rapporté par les médias. Le député a précisé à ce propos qu'il y a eu effectivement des irrégularités qui ont toutefois été corrigées. M. Majdalani a toutefois affirmé que le ministère de la Santé a pris les mesures nécessaires pour y mettre fin.
Le parlementaire a estimé à ce propos qu'il revient à l'ordre des médecins de veiller aux intérêts des gens de la profession d'autant que la situation des médecins libanais est aujourd'hui difficile.
« Le gouvernement et les syndicats doivent absolument bouger et veiller à empêcher les violations dans tous les secteurs professionnels et non seulement dans le secteur de la médecine », a-t-il dit.
À noter qu'une partie de ces médecins travaillent dans certains hôpitaux de la Békaa à titre bénévole et ne sont pas concernés par ces mises en garde.


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