La tuberculose est causée par le bacille de Koch, qui touche le plus souvent les poumons. Photo AFP
À la veille du sommet international sur la tuberculose, qui s'est tenu à Rome ce week-end, l'Organisation mondiale de la santé (OMS), de concert avec la Société européenne des maladies respiratoires (ERS), a présenté un nouveau cadre pour éliminer la tuberculose dans les trente-trois pays à faible incidence, c'est-à-dire les pays qui enregistrent moins de 100 cas de tuberculose pour un million d'habitants.
Et pour cause, puisque dans la majorité de ces pays, qui sont pour la plupart des plus riches, l'opinion publique pense que la maladie a été éradiquée. « Or, chaque année, quelque 150 000 personnes contractent toujours la maladie dans ces pays et 10 000 en meurent, soit environ 30 patients par jour », précise l'OMS dans un communiqué. L'organisation onusienne souligne en outre que des millions de personnes sont porteuses du bacille tuberculeux, sans le savoir, et risquent de tomber malades au cours de leur existence.
Le nouveau cadre proposé par l'OMS et l'ERS définit ainsi une phase initiale de « préélimination », consistant à ramener le nombre annuel de nouveaux cas de tuberculose dans ces pays à moins de 10 pour un million d'habitants d'ici à 2035. Le but est ensuite l'élimination complète de la maladie à l'horizon 2050, avec moins d'un nouveau cas par an pour un million d'habitants.
Ce texte, qui a été discuté à Rome par les représentants des trente-trois pays en question, a été élaboré avec des experts des pays à faible charge de morbidité et s'inspire de la nouvelle stratégie mondiale OMS de lutte contre la tuberculose, 2016-2035, approuvée par l'Assemblée mondiale de la santé en mai 2014. Il appelle les autorités de ces pays à :
– assurer un financement et une tutelle garantissant une planification et des services de grande qualité ;
– prendre en compte les groupes les plus vulnérables et les plus difficiles à atteindre, c'est-à-dire les migrants, les détenus, les sans-abri, les toxicomanes, les personnes souffrant de maladies immunosuppressives, comme les personnes vivant avec le VIH, ou encore les personnes souffrant de malnutrition ou de diabète, les fumeurs et les gros buveurs ;
– prendre en compte les besoins particuliers des populations migrantes et les problèmes transfrontières ;
– dépister la tuberculose évolutive et l'infection tuberculeuse latente (dormante) dans les groupes à haut risque et fournir un traitement adéquat, comme à juguler les flambées ;
– optimiser la prévention et la prise en charge de la tuberculose multirésistante ;
– assurer une surveillance continue et procéder au suivi et à l'évaluation des programmes ;
– investir dans la recherche et dans de nouveaux outils ;
– soutenir la lutte contre la tuberculose à l'échelle mondiale.
En deuxième position après le VIH/sida
La tuberculose est une maladie provoquée par le bacille tuberculeux Mycobacterium tuberculosis, qui touche le plus souvent les poumons. Elle se propage par voie aérienne d'une personne présentant une tuberculose active à une personne saine. La maladie se manifeste notamment par une toux, une fièvre, des sueurs nocturnes et une perte de poids qui persistent au-delà de trois semaines.
Selon l'OMS, la tuberculose se situe en seconde position juste après le VIH/sida. En 2012, près de 8,6 millions de personnes ont développé la tuberculose (dont 450 000 cas de tuberculose multirésistante), estime l'agence onusienne qui indique qu'environ 1,3 million en sont mortes dans le monde.
L'OMS estime en outre que près d'un tiers de la population mondiale est « atteinte de tuberculose latente, c'est-à-dire que les personnes ont été infectées par la bactérie de la tuberculose mais n'ont pas encore développé la maladie et, par conséquent, ne peuvent pas la transmettre ». L'OMS précise dans ce cadre qu'une personne portant le bacille tuberculeux a 10 % de risque de développer la maladie au cours de sa vie. Un risque qui augmente considérablement chez les groupes vulnérables.
Au Liban...
Au Liban, une recrudescence des cas de tuberculose est observée depuis quelques années, pour « de multiples raisons évidentes », affirme à L'Orient-Le Jour un spécialiste en maladies infectieuses. Il s'agit principalement de la surpopulation, de la malnutrition, des conditions hygiéniques « catastrophiques » dans certaines régions, de la pauvreté sans cesse croissante, ainsi que des déplacements internes des populations auxquels s'ajoute l'afflux massif des réfugiés syriens.
La tuberculose peut, pour autant, être soignée et évitée, surtout qu'il s'agit d'une maladie qui n'a pas de réservoir animal et qui se transmet uniquement d'une personne infectée à une autre. La prévention repose essentiellement sur un traitement préemptif qui consiste à traiter toutes les personnes contaminées ou qui démontrent un test positif sans être malades (elles sont porteuses de la bactérie), mais aussi à mettre en place une politique de dépistage, « sans que celle-ci ne soit associée à une discrimination, comme c'est le cas actuellement au Liban ». « Le dépistage doit être fait avec un but de protection et de traitement », insiste-t-il.


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