Proximité entre les ministres Gebran Bassil et Nouhad Machnouk. Photos Dalati et Nohra
Deux dossiers, la titularisation des contractuels de l'Université libanaise et la nomination des membres du conseil de l'Université libanaise, d'une part, et le plan de gestion de la présence des réfugiés syriens, d'autre part, ont été débattus lors du Conseil des ministres, hier, en dehors de l'ordre du jour. Aucun accord n'a toutefois été dégagé au sujet de ces deux points. Depuis la dernière réunion ministérielle, le mécanisme de travail convenu au niveau gouvernemental est celui de « la prise de décision à l'unanimité », les dossiers faisant l'objet de réserves ou de divergences devant être écartés. Après une séance de cinq heures, entamée dans la matinée, avec un ordre du jour chargé de cent clauses, près de 150 décrets ont été émis, avant l'examen des dossiers épineux de l'UL et des réfugiés syriens.
Donnant lecture du procès-verbal de la réunion, le ministre de l'Information, Ramzi Jreige, a fait état d'une ambiance de débat « positive ».
Sur la question des réfugiés, le ministre Jreige a précisé que la discussion a porté sur les moyens de mettre en œuvre l'idée d'établir des camps de réfugiés syriens afin que celle-ci ne reste pas purement théorique. M. Jreige a indiqué que la question d'effectuer des contacts avec le régime syrien à ce niveau n'aurait pas été évoquée. Elle avait fait pourtant l'objet d'une controverse, qui semble avoir été contenue, entre le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères, le second ayant pris l'initiative de débattre du projet des camps avec l'ambassadeur syrien qui a vite fait de rejeter l'idée. Le Premier ministre avait pourtant clairement demandé à M. Bassil de ne pas contacter le régime à ce niveau, cette prise de contact devant être suivie forcément d'une démarche similaire auprès de l'opposition syrienne, ce qui compliquerait la gestion du dossier.
Mais rien de cela n'aurait été évoqué lors du Conseil des ministres hier, selon le procès-verbal. Le débat se poursuit, mais promet de s'allonger. Sur ce point, le ministre du Travail, Sejaan Azzi, a révélé, lors d'un point de presse à l'issue de la réunion, que « la question des camps de réfugiés a été évoquée en dehors de l'ordre du jour prévu ». « Face au refus des autorités syriennes d'établir des camps sur le territoire syrien, la tendance serait d'envisager des camps au niveau des zones tampons, aux frontières libano-syriennes », a-t-il déclaré.
UL : Bou Saab sceptique, les Kataëb rassurants
Quant au règlement du dossier des contractuels de l'UL, il a été reporté au prochain Conseil des ministres, dont la date a été fixée par le Premier ministre au jeudi 10 juillet. Le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, Elias Bou Saab, devrait fournir au cours de la prochaine réunion ministérielle des explications détaillées sur le dossier de l'UL et de la titularisation, selon le ministre Jreige. Celui-ci a en outre précisé que « ce qui nous importe dans ce cadre, ce sont les critères adoptés et non les noms proposés ».
Pourtant, c'est à ce niveau que se situerait le nœud du problème. Comme devait le préciser le ministre d'État pour la Réforme administrative, Nabil de Freige, à partir du Grand Sérail, « nous avons obtenu un accord sur le dossier de l'UL, mais certains ministres réclament d'examiner la liste des noms des enseignants qui profiteront de la titularisation ». Il s'agit notamment des ministres Kataëb. Le ministre du Travail, Sejaan Azzi, a néanmoins déclaré, à l'issue de la réunion, que « les Kataëb souhaitent finaliser ce dossier et voter au plus vite les décrets en question ». « C'est pourquoi nous avons prié le ministre de l'Éducation de nous présenter un rapport concis sur la titularisation des professeurs contractuels, d'une part, et les nominations du conseil de l'UL, d'autre part », a-t-il précisé. Il n'a pas manqué de ménager à ce niveau les contractuels, « qui méritent la titularisation et qui sont dans une situation inacceptable », mais aussi le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, « qui a déployé de grands efforts pour des nominations justes, qui devront avoir lieu la semaine prochaine ».
Quoi qu'il en soit, le ministre Bou Saab a tenu à mettre en garde contre la possibilité de ne pas avaliser la titularisation des contractuels. « L'UL fera face à un vrai danger si l'affaire des contractuels n'est pas réglée la semaine prochaine », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à la suite du Conseil des ministres. « À la suite du dernier Conseil des ministres, le courant du Futur s'est opposé à la titularisation, ce qui a conduit à organiser une rencontre entre le président Fouad Siniora (ancien Premier ministre et chef du bloc du Futur, NDLR) et des représentants du bloc du Changement et de la Réforme, proches du dossier. Cette rencontre a permis de clarifier les points litigieux, qui ont en principe été réglés. J'ai toutefois été surpris, plus tard, par le refus exprimé par le parti Kataëb d'avaliser le dossier sans en étudier les détails. » Plutôt sceptique, le ministre a affirmé que « le débat se poursuit, mais les divergences persistent ».
Au niveau politique, le gouvernement a mis l'accent sur la nécessité d'élire un président de la République. Il a également stigmatisé les agressions israéliennes à Gaza.


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