Les Libanais ont pu suivre hier par le biais des médias la comparution du président de l'Association des banques, François Bassil, devant l'avocat général près la cour d'appel pour répondre de l'accusation de « diffamation » lancée contre lui par le député Hani Kobeissi (mouvement Amal). Indépendamment du bien-fondé de cette plainte, qu'il revient au pouvoir judiciaire de trancher, il serait utile de relever certaines vérités au sujet du secteur bancaire et de la personne de François Bassil.
En ce qui concerne le secteur bancaire :
– Dans le cadre du débat qui se poursuit depuis plusieurs mois au sujet de la grille des salaires, certains milieux politiques et syndicaux ont mené une campagne de diffamation contre le secteur bancaire, l'accusant d'entraver l'approbation de l'échelle des salaires. Or l'Association des banques a proclamé plus d'une fois qu'elle soutient les droits des militaires et des fonctionnaires productifs, et le secteur bancaire n'est nullement responsable de l'injustice subie par ces derniers depuis plusieurs années.
– Le secteur bancaire a clairement souligné qu'il est disposé à financer la grille des salaires. Les banques à elles seules assurent d'ailleurs 37 % des impôts sur les revenus dans le pays. Mais le secteur bancaire refuse que les surenchères politiques aboutissent à son étouffement ou à la dilapidation de l'intense effort qu'il a déployé pendant des décennies afin de préserver sa réputation. Le secteur bancaire a tenu bon face à la plus grave crise financière internationale qui a provoqué la chute des plus grandes banques dans le monde. Les banques ne permettront pas, par conséquent, d'être vaincues aux points par certaines factions politiques qui se montrent irresponsables dans la bataille de l'échelle des salaires.
– En 2013, les 30 plus grandes banques en Europe ont licencié 40 000 employés en raison de la crise financière et économique, alors que les banques au Liban ont augmenté de 3 % par an les effectifs de leurs employés. Ces banques assurent ainsi un emploi à 700 jeunes par an, ce qui les aide à rester dans le pays et à fonder un foyer. Cherche-t-on, donc, à provoquer la faillite des banques au Liban pour satisfaire ceux qui avancent des thèses démagogiques ?
– Les banques contribuent à financer tous les secteurs économiques ainsi que la classe moyenne, grâce aux crédits pour le logement et les prêts personnels, sans compter les prêts bonifiés accordés aux petites et moyennes entreprises, qui sont le fondement de l'économie libanaise.
– Il serait également utile de rappeler aux députés les faits suivants : l'Association des banques apporte une aide au Haut-Comité de secours après chaque agression israélienne ; l'association a soutenu la campagne d'aide au Liban-Sud et à la Békaa-Ouest initiée par le président Nabih Berry pendant plusieurs années ; les banques ont accordé 4 millions de dollars à la campagne nationale pour faire face à l'agression israélienne en 1999 ; le secteur bancaire a versé 3,6 milliards de dollars sans intérêts dans le cadre de la conférence Paris 2 ; les banques ont accordé 3 millions de dollars à la Caisse de soutien aux entreprises industrielles et commerciales endommagées par les attentats (2005) ; un don de 2 millions de dollars a été accordé à l'armée lors de la bataille de Nahr el-Bared ; quatre millions de dollars ont été versés pour l'achat d'hélicoptères pour la lutte contre les incendies (2007) ; et 48 heures avant la comparution de M. François Bassil, le ministre de l'Intérieur a remercié l'Association des banques pour sa contribution de 6 millions de dollars à la reconstruction des prisons pour faire face au terrorisme.
En ce qui concerne la personne de François Bassil.
– Après l'agression israélienne de 1999, François Bassil a convoqué le conseil d'administration de sa banque à une réunion extraordinaire au cours de laquelle la Byblos Bank a décidé d'accorder un don d'un million de dollars afin de contribuer à la reconstruction de l'infrastructure détruite.
– En 2006, François Bassil a décidé que la Byblos Bank prendra en charge la reconstruction du pont el-Fidar qui avait été détruit par Israël et qui relie le littoral du Liban-Nord au Mont-Liban et à Beyrouth. Les frais de reconstruction se sont élevés à 4 millions de dollars.
– Un mois seulement après l'élection de M. François Bassil à la tête de l'Association des banques, les pourparlers en vue d'approuver la convention collective ont abouti à des résultats positifs qui ont profité à 23 000 employés du secteur bancaire.
L'ensemble de ces données parlent d'elles-mêmes. Aux Libanais, donc, de juger...
Liban - Tribune
Quelques vérités sur le secteur bancaire et François Bassil
OLJ / Par Wissam SALEH, le 03 juillet 2014 à 00h00


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Oui, bon, Monsieur ; on a bien compris votre position ! Mais, qu'insinuez-vous par "l'Association des banques a proclamé + d'une fois qu'elle soutient les droits des militaires et des fonctionnaires productifs." ! Vous voulez signifier ainsi, qu'elle ne "soutiendrait" pas les militaiiires et les fonctionnaiiires NON-"productifs" ?
07 h 36, le 03 juillet 2014