Raad Abdulhussein (au centre) et ses amis regardent le match de foot de la Coupe du monde Allemagne-Algérie, le 1er juillet 2014, au "Facebook" café, à Bagdad. AFP PHOTO/AHMAD AL-RUBAYE
Au Facebook café de Bagdad en ce dimanche, collé à l'écran de télévision et tirant sans cesse sur sa chicha, Raad Abdel Hussein tremble à la fois pour « son » équipe, les Pays-Bas, et face à la menace des bombes. « Le football nous rassemble », explique ce chauffeur de bus de 30 ans, qui s'installe chaque jour dans le café pour regarder les matches avec ses amis. « C'est la seule façon pour nous de fuir l'inquiétude, les tensions, la peur de l'inconnu. À tout moment, une voiture ou une bombe peut exploser, ou quelqu'un entrer dans ce café avec une ceinture d'explosifs », poursuit-il, tout en s'inquiétant de voir les Pays-Bas menés au score par le Mexique en huitièmes de finale.
En effet, les cafés, comme les mosquées, les marchés et les endroits très fréquentés, sont pourtant particulièrement dangereux car fréquemment visés par des bombes, et cela avant même l'offensive jihadiste. Pour autant, « l'ambiance de la Coupe du monde est meilleure dehors que chez soi, explique, tout en se concentrant sur le huitième de finale, Osama Salem, un vendeur de 31 ans. Elle a lieu une fois tous les quatre ans. Est-ce qu'on reste assis chez soi et on laisse tomber parce qu'on a peur ? Si Dieu le veut, ce supplice va finir », ajoute-t-il, lançant, fataliste, que « si c'est votre heure de mourir, vous mourrez peu importe où vous vous trouvez ».
Dans un pays profondément divisé, le football est l'un des rares vecteurs d'unité. C'était particulièrement vrai en 2007, lorsque l'équipe nationale a remporté la coupe d'Asie, au cœur d'un conflit confessionnel entre chiites et sunnites. « Le football, c'est la vie pour les Irakiens », s'enthousiasme Ali Hussein, 21 ans, employé de au Facebook café.
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